25/02/2026
Témoignage d’un ancien addict aux machines à sous
M. Salam (nom d'emprunt)
J’ai commencé à jouer aux machines à sous dès leur arrivée au Burkina Faso. On nous les présentait comme un simple « jeu » et un loisir. Au début, c’était effectivement pour m’amuser. Je ne savais pas que ce jeu allait me coûter mon travail, ma famille, mes amis, et me rapprocher dangereusement de la rue.
Au départ, je jouais de petites sommes. Puis, progressivement, je ne pouvais plus m’en passer. Je vendais du poisson frais, mais avec le temps, je n’arrivais même plus à payer mes factures d’électricité. J’étais obligé d’aller négocier des cartons de poisson à crédit pour continuer à travailler. Je ne pouvais plus envoyer d’argent à la maison, ce qui a provoqué de graves conflits familiaux.
Pour fuir mes problèmes, je me suis réfugié dans les boissons frelatées, pensant y trouver un peu de soulagement. Mais cela ne faisait qu’aggraver ma situation. Finalement, ma femme est partie avec nos trois enfants.
Je me suis endetté au point où plus personne ne voulait répondre à mes appels. Mon fournisseur de poisson me recherchait pour ses impayés. Acculé de toutes parts, la seule solution pour moi a été de rentrer au village. C’est ce qui m’a sauvé, au moins pour le moment, même si mes créanciers m’attendent sûrement encore.
Aujourd’hui, je lance un appel à tous les jeunes qui s’intéressent aux jeux d’argent, surtout aux machines à sous : éloignez-vous de cet enfer. Il n’y a aucun avenir dans cette dépendance, seulement des regrets et des pertes.