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𝗩𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗧𝗘𝗥𝗥𝗔𝗜𝗡 𝗔 𝗨𝗦𝗔𝗚𝗘 𝗗'𝗛𝗔𝗕𝗜𝗧𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 : 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗔𝗩𝗘𝗭 𝗗𝗘𝗦𝗢𝗥𝗠𝗔𝗜𝗦 𝟴 𝗔𝗡𝗦 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗧𝗥𝗨𝗜𝗥𝗘, 𝗘𝗧 𝗖𝗘𝗟𝗔 𝗩𝗔𝗨𝗧 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗧𝗢𝗨𝗦, 𝗠𝗘𝗠𝗘 𝗟𝗘𝗦 𝗔𝗡𝗖𝗜𝗘𝗡𝗦...
25/06/2026

𝗩𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗧𝗘𝗥𝗥𝗔𝗜𝗡 𝗔 𝗨𝗦𝗔𝗚𝗘 𝗗'𝗛𝗔𝗕𝗜𝗧𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 : 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗔𝗩𝗘𝗭 𝗗𝗘𝗦𝗢𝗥𝗠𝗔𝗜𝗦 𝟴 𝗔𝗡𝗦 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗧𝗥𝗨𝗜𝗥𝗘, 𝗘𝗧 𝗖𝗘𝗟𝗔 𝗩𝗔𝗨𝗧 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗧𝗢𝗨𝗦, 𝗠𝗘𝗠𝗘 𝗟𝗘𝗦 𝗔𝗡𝗖𝗜𝗘𝗡𝗦 𝗔𝗧𝗧𝗥𝗜𝗕𝗨𝗧𝗔𝗜𝗥𝗘𝗦

Un client vient me voir, document en main.

"Bernard, j'ai eu ma parcelle il y a 6 ans. Je n'ai pas encore construit, les matériaux ont augmenté, la vie ne m'a pas permis. Quelqu'un au quartier m'a dit que l'administration peut me reprendre mon terrain. C'est vrai ?"

Sa peur était fondée. Mais sa situation venait, sans qu'il le sache, de changer radicalement.

Car depuis l'adoption du Décret n°2026-0611 portant modes de gestion du domaine foncier national, le délai légal pour mettre en valeur un terrain à usage d'habitation est passé de 5 à 8 ans. Et ce nouveau délai s'applique à toutes les parcelles, y compris celles attribuées avant l'entrée en vigueur du décret.

Ce client, attributaire depuis 6 ans, avait encore 2 ans devant lui. Il ne le savait pas.

Mais ce délai n'est pas un blanc-seing. Voici ce que vous devez comprendre.

Voici 5 réalités fondamentales à connaître sur ce délai :

𝟭. 𝗖𝗘 𝗤𝗨𝗘 𝗗𝗜𝗧 𝗘𝗫𝗔𝗖𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗟𝗔 𝗟𝗢𝗜

L'Article 41 du Décret n°2026-0611 est sans ambiguïté :

"Le délai de mise en valeur des terrains à usage d'habitation est de HUIT ANS pour compter de la date de cession."

Ce délai remplace celui de 5 ans qui prévalait sous l'ancien décret n°2014-481, désormais abrogé.

Mais attention, ce délai de 8 ans s'applique uniquement aux terrains à usage d'habitation. Si votre terrain est destiné au commerce, à l'industrie, à l'artisanat ou à une profession libérale, le délai reste fixé à 5 ANS (art. 44 du même décret).

❌ Ne confondez pas les deux régimes : une parcelle commerciale non construite après 5 ans reste exposée au retrait, même si votre voisin résidentiel dispose de 8 ans.

❌ La date qui compte est celle figurant sur votre ATTESTATION D'ATTRIBUTION PROVISOIRE, document délivré après paiement de la taxe de jouissance. C'est sa date de signature qui constitue le point de départ du délai, et non celle de la fiche d'attribution provisoire reçue lors de l'attribution initiale.

Ce délai prolongé est une protection réelle. Prenez le temps de calculer précisément où vous en êtes.

𝟮. 𝗟𝗘 𝗗𝗘𝗟𝗔𝗜 𝗗𝗘 𝟴 𝗔𝗡𝗦 𝗘𝗦𝗧 𝗥𝗘𝗧𝗥𝗢𝗔𝗖𝗧𝗜𝗙, 𝗜𝗟 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗖𝗢𝗡𝗖𝗘𝗥𝗡𝗘 𝗠𝗘𝗠𝗘 𝗦𝗜 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗔𝗩𝗘𝗭 𝗘𝗨 𝗩𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗣𝗔𝗥𝗖𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗜𝗟 𝗬 𝗔 𝗗𝗘𝗦 𝗔𝗡𝗡𝗘𝗘𝗦

C'est la disposition la plus importante du décret pour les détenteurs de parcelles non encore bâties.

L'ARTICLE 100 DU DÉCRET N°2026-0611 précise expressément :

"Les dispositions de l'article 41 du présent décret sont applicables à l'ensemble des terrains à usage d'habitation, y compris ceux ayant fait l'objet d'une attribution ou d'une cession antérieurement à l'entrée en vigueur du présent décret."

Cela signifie concrètement : que vous ayez reçu votre parcelle en 2015, en 2018 ou en 2023, c'est le délai de 8 ANS qui s'applique à votre situation, et non plus le délai de 5 ans de l'ancien texte.

❌ Si vous pensiez être en déchéance imminente parce que votre délai de 5 ans était sur le point d'expirer, vérifiez votre situation au regard du nouveau délai de 8 ans : vous disposez peut-être encore d'une marge significative.

❌ Cette rétroactivité ne signifie pas que les procédures de retrait déjà prononcées et notifiées avant l'entrée en vigueur du décret sont automatiquement annulées : consultez la RDPF pour connaître votre situation exacte si vous êtes dans ce cas.

Ce délai rallongé s'applique à tous. Si vous ne l'avez pas encore calculé sur la base de votre attestation d'attribution de provisoire, faites-le maintenant.

𝟯. 𝗖𝗘 𝗤𝗨𝗘 𝗟'𝗔𝗗𝗠𝗜𝗡𝗜𝗦𝗧𝗥𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗙𝗔𝗜𝗧 𝗤𝗨𝗔𝗡𝗗 𝗩𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗗𝗘𝗟𝗔𝗜 𝗘𝗦𝗧 𝗘𝗖𝗛𝗨

Beaucoup de détenteurs de parcelles pensent que le retrait est improbable, voire mythique. La procédure existe pourtant et elle est désormais précisée dans les textes.

Chaque année, le Directeur Général des Impôts dresse l'état des parcelles susceptibles de retrait et le transmet au président de la commission de retrait au plus t**d le 31 mars (art. 77).

Sur requête de cette commission, une commission d'évaluation et de constat de mise en valeur se déplace sur le terrain en présence du propriétaire ou de son représentant (art. 78). Elle évalue contradictoirement l'état réel des lieux.

Si le constat est négatif, une mise en demeure est notifiée au titulaire, par tous moyens légaux, y compris par publication officielle si le propriétaire est introuvable. À l'expiration d'un délai de 3 mois sans réponse ni mise en valeur, la déchéance est prononcée par arrêté du Ministre chargé des domaines.

❌ Le propriétaire absent ou injoignable n'est pas à l'abri : la procédure se poursuit sans lui.

❌ En cas de déchéance, aucune indemnité n'est due pour les installations existantes, et vous disposez de 6 mois pour les enlever (art. 80). Passé ce délai, le terrain retourne au domaine privé de l'État, franc et quitte de toutes charges.

La procédure de retrait existe, elle est documentée, elle est annuelle. L'ignorer ne vous en protège pas.

𝟰. 𝗖𝗘 𝗤𝗨'𝗢𝗡 𝗘𝗡𝗧𝗘𝗡𝗗 𝗣𝗔𝗥 "𝗠𝗜𝗦𝗘 𝗘𝗡 𝗩𝗔𝗟𝗘𝗨𝗥", 𝗘𝗧 𝗖𝗘 𝗤𝗨'𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗡'𝗘𝗦𝗧 𝗣𝗔𝗦

La mise en valeur, au sens de la loi, ne se résume pas à "avoir commencé quelque chose". Le Décret n°2026-0611 précise explicitement (art. 76) ce qui constitue une parcelle non mise en valeur :

- la parcelle entièrement nue ;
- la parcelle non exploitée ;
- la parcelle insuffisamment mise en valeur ;
- la parcelle dont la mise en valeur n'est pas conforme à sa destination.

Ce dernier point est particulièrement important : si votre parcelle est attribuée à usage d'habitation et que vous y avez planté des cultures ou érigé un simple hangar provisoire, cela peut être considéré comme une mise en valeur non conforme à sa destination.

❌ Poser une clôture provisoire ou planter quelques arbres ne constitue pas une mise en valeur conforme : c'est la construction effective d'un bâtiment à usage d'habitation qui est attendue.

❌ Un début de fondation abandonné n'est pas suffisant : l'insuffisance de la mise en valeur est une cause de retrait distincte de la parcelle entièrement nue.

Ce n'est pas le temps qui compte seul, c'est ce que vous avez réellement bâti dans les délais impartis.

𝟱. 𝗟𝗘𝗦 𝗔𝗨𝗧𝗥𝗘𝗦 𝗖𝗔𝗨𝗦𝗘𝗦 𝗗𝗘 𝗥𝗘𝗧𝗥𝗔𝗜𝗧 𝗤𝗨𝗘 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗡𝗘 𝗦𝗢𝗨𝗣𝗖𝗢𝗡𝗡𝗘𝗭 𝗣𝗔𝗦

Le délai de mise en valeur est la cause de retrait la plus connue. Mais l'article 76 du Décret n°2026-0611 en liste quatre autres, tout aussi effectives :

- le non-paiement des droits et taxes dus sur le terrain ;
- le changement de destination de la parcelle sans autorisation préalable ;
- l'inexécution des clauses de mise en valeur ou du cahier des charges ;
- la faillite ou la liquidation du titulaire sans mise en valeur effective.

❌ Transformer une parcelle résidentielle en usage commercial sans autorisation administrative est un changement de destination non autorisé : c'est une cause de retrait distincte, indépendante du délai de mise en valeur.

❌ L'inexécution des clauses du cahier des charges peut déclencher un retrait même si le délai de 8 ans n'est pas encore échu.

Le délai de 8 ans ne vous protège que si vous respectez par ailleurs toutes les autres obligations attachées à votre titre.

Le passage de 5 à 8 ans, rendu applicable à toutes les parcelles y compris les plus anciennes, est une mesure concrète en faveur des ménages burkinabè qui ont besoin de temps pour mobiliser les ressources nécessaires à la construction.

Mais le cadre légal reste ferme sur le fond : un terrain attribué doit être mis en valeur, conformément à sa destination, dans les délais prescrits, et toutes les obligations y afférentes doivent être honorées.

Connaître ce cadre, c'est vous donner les moyens de le respecter, et de ne pas perdre un bien pour lequel vous avez souvent consenti des sacrifices importants.

𝗦𝗜 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗘𝗧𝗘𝗦 𝗗𝗘𝗧𝗘𝗡𝗧𝗘𝗨𝗥 𝗗'𝗨𝗡𝗘 𝗣𝗔𝗥𝗖𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗡𝗢𝗡 𝗘𝗡𝗖𝗢𝗥𝗘 𝗕𝗔𝗧𝗜𝗘 :

✔️ Retrouvez votre attestation d'attribution provisoire et lisez sa date de signature : c'est à partir de cette date que court votre délai de 8 ans (usage habitation) ou 5 ans (toute autre destination). La fiche d'attribution provisoire reçue avant le paiement de la taxe de jouissance ne constitue pas le point de départ du délai.

✔️ Si vous avez obtenu votre parcelle il y a plus de 5 ans et pensiez être en situation irrégulière, recalculez votre délai sur la base de 8 ans : le nouveau texte s'applique à votre situation (art. 100 du Décret n°2026-0611).

✔️ Conservez précieusement votre quittance de paiement de la taxe de jouissance : elle est obligatoire dans tout dossier de mutation, de succession ou de demande de PUH. Sa perte peut bloquer vos démarches ultérieures.

✔️ Vérifiez que la destination inscrite sur votre titre correspond bien à l'usage que vous faites ou envisagez de faire du terrain : tout changement de destination sans autorisation est une cause autonome de retrait.

✔️ Si vous êtes en difficulté réelle pour construire dans les délais, consultez la RDPF de votre ressort : des mécanismes de prorogation de délai existent dans certaines conditions, sur demande motivée.

𝗦𝗜 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗩𝗢𝗨𝗟𝗘𝗭 𝗔𝗖𝗤𝗨𝗘𝗥𝗜𝗥 𝗨𝗡𝗘 𝗣𝗔𝗥𝗖𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗘𝗡𝗖𝗢𝗥𝗘 𝗡𝗨𝗘 𝗗𝗘 𝗤𝗨𝗘𝗟𝗤𝗨'𝗨𝗡 𝗗'𝗔𝗨𝗧𝗥𝗘 :

✔️ Vérifiez la date de signature de l'attestation d'attribution provisoire du vendeur et calculez le délai résiduel restant sur la base de 8 ans : c'est ce délai que vous reprenez à votre charge. Si le délai est déjà échu ou sur le point de l'être, la transaction comporte un risque sérieux.

✔️ Exigez la présentation de la quittance de paiement de la taxe de jouissance du vendeur : son absence peut révéler une irrégularité dans la chaîne des titres ou bloquer la mutation.

✔️ Demandez un constat de l'état réel du terrain : si la parcelle figure déjà sur l'état annuel des parcelles susceptibles de retrait établi par la DGI, la mutation peut être compromise.

✔️ Faites accompagner votre transaction par un professionnel agréé : une parcelle apparemment régulière peut porter des risques invisibles à la simple lecture du titre.

Huit ans, applicables à tous, c'est une opportunité réelle. Mais ce n'est pas une permission de reporter indéfiniment.

Votre terrain attend votre projet. Donnez-lui les moyens de devenir ce pour quoi il vous a été confié.

🏢 NAFA IMMOBILIER, Votre projet, notre passion.

Vous avez une question sur votre situation foncière ? Vous souhaitez vérifier la date d'échéance de votre titre, régulariser vos droits ou sécuriser une acquisition ? Contactez-nous.

Bernard SANGO
Consultant en foncier et en immobilier
Associé | NAFA IMMOBILIER

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📍 01 BP 11 Zabré 01, Burkina Faso

Références légales : Décret n°2026-0611/PF/PRIM/MEF/MAERAH/MATM/MCP portant modes de gestion du domaine foncier national, art. 41 (délai 8 ans, habitation), art. 44 (délai 5 ans, autre destination), art. 76 (causes de retrait et définition de la parcelle non mise en valeur), art. 77 (état annuel DGI, délai 31 mars), art. 78 (évaluation contradictoire, mise en demeure 3 mois), art. 80 (déchéance sans indemnité, délai de libération 6 mois), art. 100 (application rétroactive aux attributions antérieures), pris en application de la Loi n°015-2025/ALT du 21 octobre 2025 portant RAF.

𝗖𝗘 𝗤𝗨𝗘 𝗟𝗘𝗦 𝟯 𝗡𝗢𝗨𝗩𝗘𝗔𝗨𝗫 𝗗𝗘𝗖𝗥𝗘𝗧𝗦 𝗗'𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗥𝗔𝗙 𝟮𝟬𝟮𝟱 𝗖𝗛𝗔𝗡𝗚𝗘𝗡𝗧 𝗖𝗢𝗡𝗖𝗥𝗘𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗩𝗢𝗨𝗦Il y a quelques semaines, un c...
25/06/2026

𝗖𝗘 𝗤𝗨𝗘 𝗟𝗘𝗦 𝟯 𝗡𝗢𝗨𝗩𝗘𝗔𝗨𝗫 𝗗𝗘𝗖𝗥𝗘𝗧𝗦 𝗗'𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗥𝗔𝗙 𝟮𝟬𝟮𝟱 𝗖𝗛𝗔𝗡𝗚𝗘𝗡𝗧 𝗖𝗢𝗡𝗖𝗥𝗘𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗩𝗢𝗨𝗦

Il y a quelques semaines, un client m'appelle, inquiet :

"Bernard, j'ai entendu dire que la RAF a changé. Mais personne ne sait exactement ce que ça veut dire pour mon terrain. Les guichets ne donnent pas les mêmes réponses. Qu'est-ce qui s'applique vraiment ?"

Cette question, je la reçois chaque semaine depuis l'adoption de la Loi n°015-2025/ALT portant RAF, en octobre 2025. La loi existait. Mais sans ses décrets d'application, les procédures précises restaient floues.

Ce flou vient officiellement de prendre fin.

Le Conseil des Ministres du 5 mars 2026 a adopté trois décrets d'application de la RAF 2025. Ils sont désormais signés et publiés. Voici ce qu'ils changent concrètement pour vous.

Voici les 4 changements majeurs que vous devez connaître :

𝟭. 𝗟𝗘 𝗗𝗘𝗟𝗔𝗜 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗧𝗥𝗨𝗜𝗥𝗘 𝗩𝗜𝗘𝗡𝗧 𝗗'𝗘𝗧𝗥𝗘 𝗣𝗥𝗢𝗟𝗢𝗡𝗚𝗘

Sous l'ancien décret n°2014-481 (abrogé), vous disposiez de 5 ans à compter de la cession pour construire sur un terrain à usage d'habitation. Passé ce délai sans mise en valeur, votre terrain pouvait vous être retiré.

Le Décret n°2026-0611 portant modes de gestion du domaine foncier national vient modifier cette règle fondamentale.

Article 41 du décret n°2026-0611 : le délai de mise en valeur des terrains à usage d'habitation est désormais fixé à 8 ans à compter de la date de cession.

❌ Ne croyez pas que ce délai est automatiquement accordé sans suivi : le contrôle de la mise en valeur reste exercé par les services compétents et les commissions de retrait.

❌ Ne croyez pas non plus que les terrains à usage autre que d'habitation (commerce, artisanat, industrie) bénéficient du même allongement : pour ces destinations, le délai reste de 5 ans (art. 44 du même décret).

Ce changement vous donne plus de temps pour réaliser votre projet résidentiel. C'est une protection réelle, à condition de ne pas l'oublier dans vos plans.

𝟮. 𝗩𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗗𝗢𝗦𝗦𝗜𝗘𝗥 𝗣𝗘𝗨𝗧 𝗗𝗘𝗦𝗢𝗥𝗠𝗔𝗜𝗦 𝗘𝗧𝗥𝗘 𝗗𝗘𝗣𝗢𝗦𝗘 𝗘𝗡 𝗟𝗜𝗚𝗡𝗘

Pendant longtemps, toute démarche foncière imposait un déplacement physique au guichet, avec les files d'attente et les contraintes de distance que cela implique, notamment pour les Burkinabè de la diaspora ou les habitants des zones éloignées.

Le Décret n°2026-0611 consacre explicitement cette possibilité numérique. Son article 48 précise que le dossier de demande de terrain peut être déposé en ligne ou à la recette des domaines et de la publicité foncière. Son article 39 confirme que la demande, l'instruction et la délivrance des titres d'occupation sont informatisées.

Le Décret n°2026-0624 portant structures et outils de gestion du domaine foncier national renforce cette architecture. Son article 149 prévoit l'accès au Système d'Information Foncière (SIF) par réseau internet, et son article 145 impose à toutes les administrations de la chaîne foncière de numériser tous les documents fonciers qu'elles produisent.

❌ Attention : la dématérialisation est posée en principe, mais son déploiement se fait de manière progressive selon les localités et les ressources disponibles (art. 150 du décret n°2026-0624). Vérifiez la disponibilité effective du service en ligne auprès de la RDPF ou de la DGI de votre ressort avant tout dépôt.

❌ Les pièces physiques exigées dans votre dossier (extrait cadastral, pièces d'identité légalisées, etc.) restent requises sous format numérisé conforme.

La bureaucratie foncière se modernise. La distance ou l'éloignement ne doit plus être un obstacle pour entamer vos démarches.

𝟯. 𝗟𝗔 𝗖𝗘𝗦𝗦𝗜𝗢𝗡 𝗔𝗠𝗜𝗔𝗕𝗟𝗘 𝗘𝗦𝗧 𝗥𝗘𝗡𝗙𝗢𝗥𝗖𝗘𝗘 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗟𝗘𝗦 𝗧𝗘𝗥𝗥𝗘𝗦 𝗡𝗢𝗡 𝗔𝗠𝗘𝗡𝗔𝗚𝗘𝗘𝗦

Nombreux sont ceux qui acquièrent des terres rurales non aménagées destinées à des activités autres que la production agricole ou pastorale. Dans ces cas, la question des droits fonciers des occupants préexistants restait souvent mal encadrée.

Le Décret n°2026-0611 répond à cette préoccupation. Son article 60 prévoit que, dans le cadre de l'instruction de toute demande de cession de terres non aménagées pour des activités autres que la production et la conservation, un acte de cession amiable doit être établi pour prendre en compte les droits fonciers des différents acteurs. Les modalités d'élaboration de cet acte sont précisées par arrêté du Ministre chargé des domaines.

❌ Ce mécanisme vise à protéger les droits des occupants traditionnels : ignorer cette exigence peut exposer votre dossier à un refus ou à un contentieux ultérieur.

❌ L'acte de cession amiable n'est pas une simple formalité : il documente la prise en compte effective des droits fonciers des tiers, notamment les possesseurs coutumiers reconnus.

Acquérir une terre non aménagée sans vérifier la situation des occupants, c'est aujourd'hui un risque juridique clairement identifié dans les textes.

𝟰. 𝗟𝗘 𝗗𝗥𝗢𝗜𝗧 𝗗𝗘 𝗣𝗥𝗘𝗘𝗠𝗣𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗘𝗧 𝗟'𝗘𝗫𝗣𝗥𝗢𝗣𝗥𝗜𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗦𝗢𝗡𝗧 𝗗𝗘𝗦𝗢𝗥𝗠𝗔𝗜𝗦 𝗘𝗡𝗖𝗔𝗗𝗥𝗘𝗦 𝗣𝗔𝗥 𝗗𝗘𝗖𝗥𝗘𝗧

L'une des questions les plus anxiogènes pour les détenteurs de titres fonciers est celle-ci : "Peut-on m'enlever mon terrain ? Dans quelles conditions ? Avec quelle indemnisation ?"

Le Décret n°2026-0671 portant modalités de mise en œuvre du droit de préemption et de la cession involontaire pour cause d'utilité publique apporte désormais un cadre procédural précis. Il s'applique à l'article 1er à tous les titulaires de droits de jouissance, qu'ils soient ou non détenteurs d'un titre formel, et précise les étapes, les délais et les modalités de prise de possession, y compris en procédure d'urgence.

❌ Ce décret ne supprime pas le risque d'expropriation pour cause d'utilité publique : il l'encadre. Tout projet public légitime peut toujours déclencher une cession involontaire.

❌ Si vous êtes concerné par un projet d'infrastructure ou d'aménagement dans votre zone, ne t**dez pas : le respect strict des délais de recours est essentiel pour préserver vos droits à indemnisation.

Désormais, vous n'avez plus à subir une expropriation sans procédure ni sans visage : le texte existe, les étapes sont définies, vos droits sont identifiables.

Ces trois décrets ne sont pas de simples textes techniques réservés aux juristes. Ils touchent directement votre quotidien foncier : le délai pour construire, la façon de déposer votre dossier, les règles à respecter si vous achetez une terre occupée, et les procédures à suivre si l'État intervient sur votre bien.

Le cadre juridique burkinabè du foncier est en train de se moderniser et de se préciser. Chaque changement dans ces textes peut avoir des conséquences directes sur votre dossier en cours ou votre prochain projet.

La bonne nouvelle : ces textes existent, ils sont publics, et vous pouvez les faire valoir.

𝗦𝗜 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗔𝗩𝗘𝗭 𝗨𝗡 𝗧𝗘𝗥𝗥𝗔𝗜𝗡 𝗘𝗡 𝗖𝗢𝗨𝗥𝗦 𝗗𝗘 𝗩𝗔𝗟𝗢𝗥𝗜𝗦𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 (parcelle reçue, achetée ou en attente de construction) :

✔️ Vérifiez la date de votre arrêté de cession provisoire ou de votre titre : calculez précisément votre délai de mise en valeur sous le nouveau régime de 8 ans (usage habitation) ou 5 ans (autre destination).

✔️ Renseignez-vous auprès de la RDPF territorialement compétente pour savoir si le dépôt numérique est déjà opérationnel dans votre commune.

✔️ Si votre terrain est en zone non aménagée et que des tiers l'occupent partiellement, consultez un professionnel avant de poursuivre : l'acte de cession amiable est désormais exigé.

✔️ Conservez précieusement toutes vos quittances de paiement de taxe de jouissance : elles restent des pièces clés de votre dossier en cas de contrôle.

𝗦𝗜 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗘𝗡𝗩𝗜𝗦𝗔𝗚𝗘𝗭 𝗗'𝗔𝗖𝗛𝗘𝗧𝗘𝗥 𝗢𝗨 𝗗'𝗜𝗡𝗩𝗘𝗦𝗧𝗜𝗥 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗨𝗡 𝗧𝗘𝗥𝗥𝗔𝗜𝗡 𝗔𝗨 𝗕𝗨𝗥𝗞𝗜𝗡𝗔 𝗙𝗔𝗦𝗢 :

✔️ Exigez du vendeur une copie de son titre d'occupation et vérifiez qu'il ne fait pas l'objet d'une procédure de retrait pour non-mise en valeur.

✔️ Pour toute terre non aménagée, vérifiez l'existence ou non d'occupants coutumiers et la nécessité d'établir un acte de cession amiable avant de formaliser votre acquisition.

✔️ Renseignez-vous sur l'existence d'un projet d'utilité publique ou d'une déclaration de préemption dans la zone visée, via les services de la mairie ou de la RDPF.

✔️ Faites accompagner votre démarche par un consultant ou un professionnel agréé : les règles ont changé, les risques juridiques aussi.

Le droit foncier protège ceux qui le connaissent. Depuis mars 2026, les textes d'application existent. Ce qui manque maintenant, c'est que vous vous en empariez.

Un terrain bien sécurisé commence par une information juste.

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Pour toute question sur la sécurisation de votre bien, sur vos démarches foncières ou sur l'impact de ces nouveaux décrets sur votre situation personnelle, contactez-nous.

Bernard SANGO
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Références légales : Loi n°015-2025/ALT du 21 octobre 2025 portant RAF — Décret n°2026-0611/PF/PRIM/MEF/MAERAH/MATM/MCP portant modes de gestion du domaine foncier national (art. 39, 41, 44, 48, 60) — Décret n°2026-0624/PF/PRIM/MEF/MAERAH/MATM/MCP portant structures et outils de gestion du domaine foncier national (art. 133, 145, 149, 150) — Décret n°2026-0671/PF/PRIM/MEF/MATM/MCP portant modalités de mise en œuvre du droit de préemption et de la cession involontaire pour cause d'utilité publique (art. 1er).

𝗧𝗘𝗥𝗥𝗔𝗜𝗡 𝗥𝗨𝗥𝗔𝗟 𝗔𝗖𝗛𝗘𝗧𝗘́ « 𝗔𝗨 𝗩𝗜𝗟𝗟𝗔𝗚𝗘 » : 𝗣𝗢𝗨𝗥𝗤𝗨𝗢𝗜 𝗖̧𝗔 𝗡𝗘 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗣𝗥𝗢𝗧𝗘̀𝗚𝗘 𝗣𝗔𝗦 𝗟𝗘́𝗚𝗔𝗟𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧« On a payé devant le chef de terre,...
23/06/2026

𝗧𝗘𝗥𝗥𝗔𝗜𝗡 𝗥𝗨𝗥𝗔𝗟 𝗔𝗖𝗛𝗘𝗧𝗘́ « 𝗔𝗨 𝗩𝗜𝗟𝗟𝗔𝗚𝗘 » : 𝗣𝗢𝗨𝗥𝗤𝗨𝗢𝗜 𝗖̧𝗔 𝗡𝗘 𝗩𝗢𝗨𝗦 𝗣𝗥𝗢𝗧𝗘̀𝗚𝗘 𝗣𝗔𝗦 𝗟𝗘́𝗚𝗔𝗟𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧

« On a payé devant le chef de terre, devant les sages du village, devant témoins. Tout le monde sait que ce champ est à moi maintenant. »

C'est ce que nous a confié un client, venu nous voir des années après avoir « acheté » 3 hectares dans un village proche de Zonsé. Poignée de main publique, argent remis devant témoins, personne ne conteste sur place.

Et pourtant : sur le plan juridique, cette transaction n'a jamais existé.

🔍 𝗩𝗼𝗶𝗰𝗶 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝘂𝗻𝗲 « 𝘃𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗮𝘂 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗮𝗴𝗲 » 𝗻𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗲̀𝗴𝗲 𝗽𝗮𝘀, 𝗲𝗻 𝟯 𝗽𝗼𝗶𝗻𝘁𝘀 :

1️⃣ LA COUTUME NE CRÉE PAS DE DROIT OPPOSABLE AUX TIERS

L'accord verbal ou écrit devant les autorités coutumières (chef de terre, conseil villageois) constate un consensus social, il ne constitue pas un titre foncier reconnu par l'administration.

Tant qu'aucune Attestation de possession foncière rurale (APFR) n'a été délivrée au nom du nouveau possesseur, la loi est claire : les cessions de terres rurales n'ayant pas fait l'objet de délivrance d'une APFR sont INOPPOSABLES AUX TIERS.

❌ Un autre acheteur peut se présenter plus t**d avec un dossier régulier et faire valoir un droit prioritaire.
❌ En cas de litige, le « tout le monde sait » des témoins de village ne pèse rien devant un service foncier rural.

C'est le document administratif qui protège, pas la mémoire collective du village.

2️⃣ LE VENDEUR LUI-MÊME N'AVAIT PEUT-ÊTRE AUCUN DROIT CONSTATÉ

Avant de pouvoir céder une terre rurale, le possesseur doit lui-même détenir une APFR régulièrement établie, c'est-à-dire que sa propre possession a été constatée, affichée, et qu'aucune opposition n'a prospéré pendant le délai légal.

Beaucoup de « vendeurs au village » n'ont eux-mêmes jamais entamé cette procédure. Ils cèdent une possession de fait, transmise de génération en génération, jamais formalisée.

❌ On ne peut pas céder un droit qu'on ne détient pas administrativement soi-même.
❌ L'acheteur hérite alors d'un vide juridique, pas d'un terrain sécurisé.

Vérifier le titre du vendeur est la première vigilance, avant même de discuter du prix.

3️⃣ LA PROCÉDURE LÉGALE EXISTE — ET ELLE PASSE PAR LA COMMUNE, PAS PAR LE VILLAGE SEUL

Toute intention de céder une possession foncière rurale doit faire l'objet d'une DÉCLARATION ÉCRITE À LA COMMUNE (service foncier rural ou bureau domanial), sur un imprimé officiel. Le maire ou le Président de la Délégation Spéciale (PDS) dispose ensuite d'un délai d'un mois pour exercer, s'il le souhaite, le droit de préemption reconnu à la commune.

Ce n'est qu'après cette étape, et la délivrance ou le transfert régulier de l'APFR au nom du cessionnaire, que la cession existe légalement.

❌ Sauter cette étape, c'est se priver de tout recours en cas de contestation ultérieure.
❌ Une « vente » jamais déclarée à la commune ne génère aucune trace administrative exploitable.

La déclaration en mairie n'est pas une formalité accessoire : c'est le point de départ de la sécurisation.

💡 CE QU'IL FAUT RETENIR

Ce n'est pas une question de bonne ou de mauvaise foi des parties. La coutume villageoise organise la vie sociale, mais le droit foncier burkinabè exige un parcours administratif précis pour qu'une cession produise des effets juridiques solides. Bonne nouvelle : ce parcours existe, il est accessible, et il peut souvent être engagé même après une transaction déjà conclue « au village ».

SI VOUS AVEZ DÉJÀ ACHETÉ « AU VILLAGE »

- Vérifiez si une procédure de constatation de possession foncière rurale a été engagée à votre nom
- Rapprochez-vous du service foncier rural ou du bureau domanial de la commune concernée pour régulariser
- Rassemblez tous les éléments de preuve disponibles (témoins, reçus, plan) en vue du dossier de constatation
- Ne t**dez pas : plus la régularisation est t**dive, plus le risque de contestation par un tiers augmente

SI VOUS ENVISAGEZ UN ACHAT TERRAIN RURAL

- Exigez la présentation de l'APFR du vendeur avant toute négociation sérieuse
- Insistez pour que la cession soit déclarée à la commune, et non conclue uniquement devant le village
- Renseignez-vous sur l'existence d'une opposition ou d'un litige en cours sur le terrain
- Faites-vous accompagner pour structurer un dossier conforme, du premier contact jusqu'à l'APFR à votre nom

Un terrain « accepté par tout le monde au village » peut rester juridiquement vulnérable pendant des décennies. La sécurité ne vient pas du consensus local, mais du dossier qui existe à la mairie.

Bernard SANGO
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👉 Vous avez acheté un terrain rural sans procédure officielle ? Contactez-nous pour évaluer comment régulariser votre situation.

Sources : Loi n°034-2009/AN du 16 juin 2009 portant régime foncier rural (art. 27) et son décret d'application n°2010-403 (art. 3 à 7).

ON CROYAIT AVOIR FAIT UNE BONNE AFFAIRE… JUSQU'AU JOUR OÙ LE BULLDOZER EST ARRIVÉ.Il y a quelques années, un client est ...
22/06/2026

ON CROYAIT AVOIR FAIT UNE BONNE AFFAIRE… JUSQU'AU JOUR OÙ LE BULLDOZER EST ARRIVÉ.

Il y a quelques années, un client est venu me voir, dossier en main, très fier de lui.

« J'ai acheté un terrain pas cher en zone non lotie, j'ai un acte de cession amiable signé devant témoins. Tout va bien. »

Trois ans plus t**d, la mairie annonce un projet de restructuration du secteur. Des plots changent de forme, certains voisins sont « recasés » ailleurs, d'autres doivent démolir une partie de leur clôture. Lui, ne sait même pas s'il sera concerné, ni ce que dit réellement la loi sur son cas.

C'est l'angle mort de beaucoup d'acquéreurs : on achète vite, dans l'urgence, sans se demander ce qui se passe le jour où la commune décide d'aménager officiellement la zone.

Voici les 4 réalités que tout acheteur en zone non lotie doit connaître avant de signer.

1️⃣ VOUS N'AVEZ PAS DE TITRE DE PROPRIÉTÉ, VOUS AVEZ UN DROIT PRÉCAIRE

En zone non aménagée, l'acte de cession amiable, le « PV de palabre » ou le reçu du vendeur ne sont pas des titres fonciers. Ils constituent au mieux un commencement de preuve de mise en valeur, pas une garantie de propriété opposable à l'État ou à la commune.

❌ Vous ne pouvez pas vous prévaloir d'un droit de propriété plein et entier.
❌ En cas de litige avec l'administration, votre position de négociation est plus faible qu'un détenteur de titre régulier (APFR, titre foncier, etc.).

Tant que le terrain n'est pas régularisé, vous occupez, vous ne possédez pas encore pleinement.

2️⃣ LA RESTRUCTURATION PEUT REDESSINER VOTRE PARCELLE

Quand une commune décide de loger ou restructurer un quartier spontané, l'opération redéfinit le découpage : voiries, réserves administratives, équipements collectifs. Votre parcelle initiale peut être réduite, déplacée, ou réattribuée sous une autre forme.

❌ La superficie ou la forme de votre terrain n'est pas figée tant qu'il n'est pas immatriculé dans un plan d'aménagement officiel.
❌ Une construction déjà en place peut se retrouver, en tout ou partie, sur une voie ou une réserve projetée.

Sans titre régularisé, c'est le plan d'aménagement qui aura le dernier mot, pas votre acte de cession.

3️⃣ OCCUPATION SANS TITRE = RISQUE RÉEL DE DÉGUERPISSEMENT

Le principe général du droit domanial burkinabè est constant depuis longtemps : l'occupation de terres du domaine sans titre régulier expose à un déguerpissement qui, selon les cas, peut ne donner lieu ni à recasement ni à indemnisation. La réforme foncière de 2025 a réorganisé les règles de cession involontaire et d'indemnisation, mais le principe de fond, la nécessité d'un titre régulier pour être protégé, demeure central.

⚠️ Important : les modalités précises (qui est recasé, sur quelle base, avec quelle indemnisation) dépendent fortement du projet concerné et des décrets d'application en vigueur au moment de l'opération. Ce point doit être vérifié au cas par cas auprès de la mairie, de la RDPF ou du service des domaines compétent, il ne faut jamais se fier à une rumeur de quartier.

❌ « Tout le monde sera recasé » est une idée reçue, pas une garantie légale.
❌ L'absence de titre est l'élément qui fragilise le plus votre dossier en cas de restructuration.

La meilleure protection n'est pas l'ancienneté d'occupation, c'est la régularisation.

4️⃣ LA RÉGULARISATION EST POSSIBLE, ET DE PLUS EN PLUS ACCESSIBLE

Le cadre actuel encourage la sécurisation progressive des occupations en zone non aménagée, notamment via les démarches d'attribution, de cession provisoire ou d'obtention d'un titre de jouissance adapté à la situation du terrain (APFR en milieu rural, demande d'attribution en zone urbaine non aménagée, etc.). Plus votre dossier est régularisé en amont, plus votre position est protégée si la zone est un jour restructurée.

❌ Attendre l'annonce d'une restructuration pour commencer les démarches est souvent trop t**d.
✅ Engager la régularisation dès l'achat change complètement votre rapport de force face à l'administration.

Régulariser n'est pas une option administrative parmi d'autres, c'est votre principale assurance contre l'imprévu.

CE QU'IL FAUT RETENIR

Acheter en zone non lotie n'est pas interdit, et ce n'est pas non plus une condamnation automatique. C'est un choix qui comporte une part de risque identifiable, et donc gérable, si on l'anticipe. La restructuration n'est pas une catastrophe imprévisible : c'est un scénario que tout acquéreur informé peut intégrer dans sa décision d'achat, à condition de connaître les bons réflexes.

SI VOUS ÊTES ACHETEUR (avant signature) :

- Vérifiez auprès du service du cadastre/SCTF si un projet de lotissement ou de restructuration est prévu ou en cours sur la zone
- Demandez un croquis de terrain visé par un géomètre agréé, même en zone non aménagée
- Privilégiez les terrains dont le vendeur peut justifier d'un titre de jouissance ou d'une démarche d'attribution déjà engagée
- Conservez précieusement tous les documents (PV de cession, reçus de taxe de jouissance, etc.), ils seront utiles pour toute future régularisation

SI VOUS ÊTES DÉJÀ PROPRIÉTAIRE EN ZONE NON LOTIE :

- Entamez sans attendre une démarche de régularisation auprès du service des domaines ou de la RDPF compétente
- Faites borner et délimiter votre parcelle par un professionnel agréé
- Renseignez-vous en mairie sur l'existence d'un schéma ou plan d'aménagement à venir sur votre secteur
- En cas d'annonce de restructuration, faites-vous accompagner dès la première notification, ne négociez jamais seul face à l'administration

Un terrain non régularisé n'est pas une bombe à ret**dement si vous agissez tôt. C'est simplement un dossier qu'il faut sécuriser, avant que ce soit la commune qui décide à votre place.

Bernard SANGO
Consultant en foncier et en immobilier
Associé | NAFA IMMOBILIER

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