27/08/2026
« 𝐃𝐨𝐢𝐬-𝐣𝐞 𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐫 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝'𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐧𝐚𝐥 𝐨𝐮 𝐭𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐚𝐫𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 ? »
« Mon mari est décédé il y a huit mois. Nous étions mariés civilement depuis douze ans et nous avons deux enfants. Depuis les funérailles, ma belle-famille a pris la maison que nous avons construite ensemble. Elle a aussi pris le compte que mon mari avait ouvert pour nos enfants. Ses frères disent que "la coutume" veut que ce soit eux qui gèrent les biens du défunt. Ils disent que je n'ai droit qu'à un logement, pas à la propriété. Je ne sais pas si je dois voir un avocat et aller au tribunal. J'ai peur que cela abîme pour toujours les relations avec la famille de mon mari, devant qui mes enfants vont grandir. Ou est-ce qu'il vaut mieux négocier un arrangement à l'amiable, même si cela veut dire accepter moins que ce qui me revient ? »
Notre Réponse:
Ce que vos beaux-frères appellent « la coutume » n'a aucune valeur devant la justice béninoise. La loi ne vous demande pas une faveur. Elle vous donne un droit. Mais pour avoir ce droit, il faut remplir une condition importante : être mariée civilement, devant un officier d'état civil, au moment du décès. C'est le seul mariage reconnu par la loi. Sans acte de mariage civil, une union même longue, même respectée par tout le monde, même scellée par la dot ne donne aucun droit à la succession devant un tribunal. C'est une réalité dure, mais il faut la connaître : beaucoup de femmes le découvrent trop t**d, au moment du deuil, quand leur union n'était pas protégée par la loi.
Dans votre cas, ce problème ne se pose pas : vous étiez mariée civilement depuis douze ans. Vos droits sont donc bien ouverts.
Vous avez deux enfants. Ce sont les descendants du défunt. La loi vous donne donc le quart (¼) de l'héritage, en pleine propriété. Ce n'est pas un simple droit d'habitation « tant que vous vous tenez bien ». La maison et le compte des enfants ne sont pas à la disposition de la belle-famille. Ils font partie de la succession, et vous en êtes copropriétaire pour votre part.
Si vous manquez d'argent en attendant le règlement de la succession, vous pouvez aussi demander une pension alimentaire, prise sur les biens du défunt. Attention : vous avez un an, à partir du décès, pour faire cette demande. Le temps joue contre vous.
Sur votre vraie question justice ou amiable les deux ne s'opposent pas autant que vous le pensez :
Un accord amiable reste la meilleure solution, mais seulement s'il respecte vos droits réels. Accepter moins que le quart qui vous revient, par peur du conflit, n'est pas un compromis. C'est renoncer à ce qui vous appartient déjà, à vous et à vos enfants.
Avant tout procès, une simple lettre d'avocat, qui rappelle la loi à votre belle-famille, suffit souvent à relancer une discussion plus juste. Pas besoin d'aller devant un juge tout de suite.
Le tribunal reste un dernier recours, si le blocage continue. Il peut ordonner le partage de la succession et, si nécessaire, protéger rapidement le compte de vos enfants.
La vraie rupture familiale, ici, ce n'est pas votre demande de faire respecter vos droits. C'est le fait qu'on vous demande de vous taire, au nom d'une coutume que la loi a justement écartée pour protéger les veuves comme vous.
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