27/08/2026
À l’attention du Gouvernement de la République démocratique du Congo : comprendre les dangers humains, sociaux, économiques et politiques de certaines décisions dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu
La situation du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ne peut pas être analysée uniquement sous l’angle administratif, juridique ou militaire. Derrière chaque décision prise à Kinshasa, il y a des millions de citoyens qui vivent déjà les conséquences de la guerre : déplacements, pertes d'emplois, pauvreté, insécurité, séparation des familles et interruption des services essentiels.
Dans un tel contexte, la suspension des activités académiques dans plusieurs établissements publics doit être examinée non seulement à travers l'autorité de l'État, mais également à travers ses conséquences concrètes sur la population.
1. La population de l'Est traverse déjà une souffrance exceptionnelle
Avant même la suspension des activités universitaires, les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu faisaient déjà face à de nombreuses difficultés :
l'insécurité et les violences armées ;
les déplacements massifs des populations ;
la perte des emplois et des moyens de subsistance ;
la fermeture ou le ralentissement des activités économiques ;
la hausse du coût de la vie ;
la séparation des familles ;
l'interruption de la scolarité et des études ;
les difficultés d'accès aux soins et aux services sociaux.
Dans cette situation, chaque nouvelle décision qui limite davantage l'accès aux services publics peut augmenter le sentiment d'abandon.
La grande question est donc :
Comment l'État peut-il protéger sa souveraineté tout en continuant à protéger concrètement sa population ?
Car la souveraineté ne se défend pas uniquement par des décisions administratives. Elle se défend également par la présence effective de l'État auprès de ses citoyens.
2. La suspension des universités : une souffrance directe pour les étudiants
La fermeture ou la suspension prolongée des activités universitaires peut avoir des conséquences trè