-Nous considérons comme arbitraire et simpliste la décision de la mairie de Bayonne de fermer les bars et les restaurants à minuit et demi en semaine, mais aussi, les arrêtés municipaux restrictifs associés. Cette décision va totalement à l’encontre de ce que furent, de tous temps, les pratiques des Bayonnais(es) et des habitants(es) des alentours.
-Nous sommes en effet certains que le problème d
e nuisances des bars, s'il existe, passe par une régulation des pratiques, par une sensibilisation à la consommation excessive d'alcool, par des contrôles de volumes sonores, par des solutions techniques et par la promotion d'un type de fête dans lequel on responsabilise tous les acteurs de la vie nocturne.
-Nous considérons tout particulièrement absurde la décision de restreindre l'ouverture de bars ou restaurants pour lesquels aucune plainte n'a été déposée et pour lesquels les gérants(es) promeuvent une conduite responsable des clients(es) et de leurs pratiques.
-Nous jugeons d'autant plus absurde cette nouvelle mesure de la mairie de Bayonne, que de nombreux exemples comme l'Angleterre ont montré que la fermeture prématurée des pubs, accélère la consommation d'alcool, la non responsabilisation et de fait, ne réduit pas les nuisances, ni les incivilités, bien au contraire. L'émergence des apéro Face Book traduit aussi ce paradoxe.
-Nous sommes certains que la restriction systématique démontre aussi un manque de compétences et réflexion des élus(es) Bayonnais(es), tout en traduisant des objectifs électoralistes déguisés.
-Nous refusons surtout qu'une cinquantaine de riverains de l'association Ardevie (Association des Riverains pour la Défense du Vivre-ensemble en Centre-ville de Bayonne) puissent décider de l'avenir d'une ville et de ses pratiques sociales, populaires et professionnelles. Nous dénonçons également le caractère non représentatif des groupes de travail qui se sont réunis à la mairie de Bayonne et qui ont proposé les arrêtés restrictifs.
-Nous refusons l'argumentaire individualiste et sans perceptive collective de l'association Ardevie qui ne vise qu'a défendre ses intérêts propres. Dénoncer les nuisances sonores alors que l'on a choisi d'y vivre est un non-sens : les autres quartiers de Bayonne, mais aussi les villes environnantes ne sont pas des espaces de rencontres et de fêtes.
-Nous dénonçons le modèle urbain induit par ces interdictions. Une logique dans laquelle les centres villes deviennent des vitrines touristiques, où l'espace urbain est normalisé, marchant et déshumanisé. Nous voulons l'ouverture des bars jusqu'à deux heures, mais aussi un autre espace urbain avec des fontaines, des bancs publics, des aires de jeux pour les enfants, des parcs, un affichage bilingue, une médiathèque, une salle de concert, etc. Nous ne souhaitons pas que le centre ville de Bayonne soit une pâle alternance d'agences immobilières, de banques et de boutiques de téléphonie.
-Nous considérons enfin que les bars participent à la vie sociale, qu'ils sont vecteurs de culture populaire et qu'ils demeurent des espaces de création et d'échange tendant à rompre les logiques de l'individualisme, de renfermement sur soi et de déshumanisation de la société. Bayonne est forte d'une culture vivante avec son marché, ses artisans, ses nombreuses librairies, l'attachement au sport, sa diversité linguistique, ses immigrants et ses communautés, mais aussi, ses espaces où l'on peut écouter en semaine un DJ ou des groupes de musique. Tout proche de nous, à Pau notamment les mesures restrictives de la municipalité ont littéralement cassé les dynamique sociale, la scène musicale et le sentiment d'appartenance à la ville.
-Face aux interdictions de la mairie, nous déplorons enfin que les jeunes n'aient plus d'autres alternatives que les discothèques. Nous refusons l'exclusivité de ce modèle, loin de correspondre aux ententes de tous : sélection à l'entrée, paiement de l'accès, prix des consommations élevé, musique commerciale, obscurité et lumière stroboscopique. La discothèque est aussi pour nous synonyme d'uniformisation des pratiques, des codes et de la culture, d'une société et qui n’aurait comme relais que la télévision et de grandes salles aseptisées. Comment exiger par la suite à ces mêmes jeunes un esprit critique, un sens de l'intérêt commun et des responsabilités.