06/05/2026
L'objet du mail était sobre.
"Contestation du DPE collectif - Points de désaccord."
Quatre pages. Structurées. Argumentées.
Et entièrement générées par une IA qui ne connaissait pas la réglementation.
L'expéditeur : un membre du conseil syndical de la copropriété.
Impliqué. Déterminé. Convaincu d'avoir trouvé des erreurs dans mon rapport.
Chaque point de contestation était formulé avec soin.
Méthode de calcul remise en question.
Relevés terrain jugés incorrects.
Exigences réglementaires qualifiées d'inexistantes.
À la fin du mail, une phrase :
"Ces éléments ont été vérifiés et confirment les erreurs de votre rapport."
J'ai pris le temps de tout lire.
Puis j'ai compris.
Des réponses générales, plausibles, bien formulées.
Complètement déconnectées du cadre réglementaire spécifique au DPE collectif.
L'IA ne connaissait pas les arrêtés.
Elle ne faisait pas la distinction entre DPE individuel et DPE collectif.
Elle ignorait les modificatifs réglementaires.
Elle n'avait pas visité les parties privatives de cette copropriété.
Elle n'avait pas ma certification. Elle n'avait pas ma responsabilité civile.
J'aurais pu répondre en deux lignes.
J'ai choisi de répondre en détail.
Sans condescendance. Sans esquiver.
Sa réponse est arrivée le lendemain.
Courte, cette fois.
"Je comprends mieux la démarche. Merci pour ces précisions."
Ce que cette situation m'a appris :
Un client qui conteste n'est pas forcément un client de mauvaise foi.
C'est parfois un client qui a cherché à comprendre avec les outils qu'il avait.
Et qui mérite qu'on lui explique pourquoi ces outils ont leurs limites.
L'IA va générer de plus en plus de contestations de ce type.
Dans notre secteur comme dans d'autres.
La réponse n'est pas l'agacement, même si soyons honnête... c'est agaçant !
C'est la pédagogie. Et la solidité du rapport.
Un rapport bien construit ne craint pas quatre pages de contestation.
Il y répond.