01/08/2026
📈 CRÉDIT IMMOBILIER : VERS UNE REMONTÉE DES TAUX À LA RENTRÉE ?
Après leur recul depuis le début de l’année 2024, les taux des crédits immobiliers montrent de premiers signes de remontée.
Le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat, hors frais et assurance, est passé de 4,17 % en janvier 2024 à 3,08 % en décembre 2025.
Depuis le début de l’année 2026, le mouvement semble toutefois s’être progressivement inversé. Selon les dernières données officielles disponibles de la Banque de France, le taux moyen atteignait 3,21 % en mai 2026.
Cette remontée reste pour le moment modérée, mais l’évolution des taux longs conduit désormais plusieurs professionnels du financement à envisager de nouveaux ajustements des barèmes bancaires à la rentrée.
🔎 POURQUOI SURVEILLER L’OAT FRANÇAISE À 10 ANS ?
Le TEC 10, qui représente le niveau des taux français à dix ans, a atteint 3,90 % au 31 juillet 2026.
L’OAT ne détermine pas directement le taux proposé par une banque. Elle constitue néanmoins un indicateur important de l’évolution des taux longs et, plus largement, des conditions de financement.
Lorsque les taux de marché restent durablement élevés, les banques peuvent progressivement répercuter cette évolution dans leurs barèmes de crédit.
Cette transmission n’est cependant ni immédiate ni automatique. Elle dépend également du coût de refinancement des établissements, de leurs marges, de leurs objectifs commerciaux et de la qualité des dossiers présentés.
Jusqu’à présent, les banques n’ont répercuté qu’une partie de la progression des taux longs. Mais avec un TEC 10 proche de 4 %, plusieurs courtiers et observateurs du marché considèrent désormais comme probable une remontée progressive des barèmes bancaires à partir de septembre.
Il ne s’agit pas d’une certitude quant à l’ampleur du mouvement. Les évolutions pourront différer sensiblement selon les banques, les régions, les durées de financement et les profils des emprunteurs. Le risque est néanmoins suffisamment sérieux pour être pris en compte dans la préparation d’un projet immobilier.
🌍 LE CONTEXTE INTERNATIONAL COMPTE ÉGALEMENT
Le 29 juillet 2026, la Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %.
Les marchés restent particulièrement attentifs à l’évolution de l’inflation et de l’emploi aux États-Unis. Les anticipations peuvent changer rapidement en fonction des nouvelles données économiques.
La Fed ne décide évidemment pas de la politique de la Banque centrale européenne. Mais ses décisions influencent les taux obligataires mondiaux, les mouvements de capitaux et le cours de l’euro face au dollar.
Une politique monétaire américaine durablement restrictive peut ainsi contribuer à maintenir une pression sur les conditions financières européennes.
La BCE demeure autonome et fonde principalement ses décisions sur les perspectives d’inflation dans la zone euro. Après avoir relevé ses taux directeurs de 0,25 point en juin 2026, elle les a maintenus en juillet.
🏠 QUELLES CONSÉQUENCES POUR UN PROJET IMMOBILIER ?
Il est encore trop tôt pour annoncer une hausse importante et durable des crédits immobiliers. En revanche, il devient risqué de construire un projet en considérant comme acquise une prochaine baisse des taux.
Pour les acquéreurs, l’objectif n’est pas de précipiter une décision avant la rentrée, mais de préparer leur financement suffisamment tôt.
Certains dossiers proches de la limite d’endettement peuvent être fragilisés par quelques dixièmes de point supplémentaires. Une hausse peut réduire la capacité d’emprunt, augmenter la mensualité ou nécessiter un apport personnel plus important.
Avant de commencer les visites ou de formuler une offre, il est donc particulièrement important de consulter sa banque ou un courtier afin de :
• vérifier précisément sa capacité de financement ;
• identifier les éventuels points de fragilité ;
• comparer les conditions proposées ;
• anticiper une possible évolution des taux ;
• préparer un dossier solide.
Pour les vendeurs, cette préparation est également rassurante. Elle permet de mieux apprécier la solidité financière du projet de l’acquéreur et de réduire le risque de voir la vente échouer au moment de l’obtention du prêt.
Dans un marché plus exigeant, une vente réussie repose sur deux éléments complémentaires : un prix cohérent avec le marché et des acquéreurs dont le financement a été préalablement étudié.
La remontée des taux à la rentrée constitue aujourd’hui un scénario probable, mais son ampleur demeure incertaine.
L’enjeu n’est donc pas de se précipiter, mais de bien se préparer.
Et vous, pensez-vous que les taux immobiliers vont continuer à augmenter dans les prochains mois ?
Sources : Banque de France, Agence France Trésor, Banque centrale européenne, Federal Reserve et baromètres des professionnels du crédit. Données disponibles au 31 juillet 2026.