05/27/2024
Deux immeubles de l’Imperial To***co vendus
Par Marie-France Létourneau, La Voix de l'Est
6 décembre 2023 à 04h00
À vendre depuis près de deux ans, deux immeubles de l’ancien
complexe industriel de l’Imperial To***co, à Granby, ont
changé de mains. Séduit par le «look grandiose» de l’endroit, le
promoteur montréalais Marcel B. Eisenbruk s’en est
porté acquéreur. Il prévoit poursuivre les rénovations entreprises
par le précédent propriétaire, Pierre Laflamme.
«On a découvert l’endroit en mars 2023, a expliqué mardi M. Eisenbruk en entrevue à La Voix de l’Est. On a fait une visite secrète sur place en prétendant qu’on était des locataires potentiels. Et on est tombés en amour avec l’immeuble. On s’est dit: il faut aller de l’avant.»
Les bâtiments situés au 160-164 rue Cowie, ainsi qu’au 166 rue Cowie, sont visés par la transaction récemment notariée. Les détails de l’achat ne sont pas connus, mais le prix de vente avait été fixé à 7,3 millions $
Détail: la société immobilière Chasco demeure propriétaire des deux autres immeubles au nord de la rue, qui font également partie de l’ancien complexe industriel. L’Attelier Archibald et la microdistillerie La Chaufferie s’y trouvent notamment.
Propriétaire d’autres immeubles «hors Montréal», Marcel-Benyamin Eisenbruk affirme consulter sa conjointe lorsqu’il planche sur des acquisitions. Et cette fois-ci n’a pas fait exception. «C’était unanime, laisse-t-il tomber. Elle n’avait pas d’arguments (contre l’achat).»
Ayant oeuvré au sein des Forces armées canadiennes et dans le secteur bancaire, le promoteur montréalais est à la barre de la société Winston Holdings. «On veut s’intégrer dans la communauté à Granby, comme Pierre (le précédent propriétaire) l’a fait», dit-il.
«On n’est pas une compagnie de Montréal qui va gérer ça à distance. On veut être présents dans le tissu social de Granby.»
— Marcel-Benyamin Eisenbruk
Le nouveau propriétaire entend être sur place au moins trois jours par semaine, précise-t-il. Il envisage d’ailleurs trouver un pied-à-terre à Granby.
Investissements à venir
Pour l’heure, les immeubles, reliés par une passerelle d’allure industrielle, comptent environ 80 locataires, issus de différents milieux: artistique, commercial et industriel léger. La transaction ne change rien pour eux. M. Eisenbruk a d’ailleurs l’intention de les sonder, voire de les rencontrer individuellement, afin de connaître leurs besoins et développer une relation plus personnelle.
«On veut que ça reste un hub, que ce soit pour l’industriel léger ou les start-ups, dit-il. On a toutes les grandeurs de locaux. (...) On veut créer un écosystème, comme partout où on donne une deuxième vie à des immeubles comme ça.»
Estimant avoir un «joyau» entre les mains, le nouveau propriétaire, qui compare l’endroit au Château St-Ambroise, à Montréal, a par ailleurs l’intention d’investir «quelques millions de dollars» dans les immeubles pour poursuivre les rénovations entreprises au cours des dernières années par Pierre Laflamme.
Il souhaite notamment aménager de nouveaux locaux dans les deux étages supérieurs. À terme, l’endroit pourrait ainsi compter plus de 100 locataires, dit-il.
Des travaux doivent également être réalisés pour refaire un mur de briques à l’arrière d’un immeuble. Investir dans un nouvel ascenseur fait également partie des projets. Marcel-Benyamin Eisenbruk a déjà commencé à demander des soumissions pour ces travaux, dit-il.
Le bon acheteur
S’étant porté acquéreur des bâtiments en 2010, Pierre Laflamme avait affirmé, lors de leur mise en vente, ne pas être pressé et attendre le bon acheteur.
«Lors de mon acquisition, l’immeuble avait besoin de beaucoup d’amour. De la passion, il en a fallu afin de relever les défis inhérents à ce majestueux immeuble : changement de fenêtres, création de nouveaux espaces locatifs, modification du système de chauffage, et tellement d’autres projets», a récemment commenté M. Laflamme sur les réseaux sociaux.
«Marcel-Benyamin, un homme passionné et amoureux de l’architecture et de l’histoire, va assurer la pérennité de notre immeuble, ajoute-t-il. Je demeure persuadé qu’il est l’homme de la situation. Il a su avec brio et ténacité se porter acquéreur de l’immeuble.»
Pour sa part, Pierre Laflamme entend désormais se consacrer au projet résidentiel Haus-Natur, à Granby.
Manufacturière de ci******es, l’entreprise Imperial To***co a été construite en trois phases à partir de 1895. L’endroit a fermé au début des années 1970, envoyant 400 personnes au chômage.