09/10/2026
L’Île-des-Sœurs, le 4 septembre 2026 — L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) dévoile ses données pour le mois d’août 2026. Les plus récentes statistiques du marché immobilier résidentiel de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal sont établies d’après la base de données provinciale Centris des courtiers immobiliers.
Faits saillants
En août, 2 853 ventes résidentielles ont été réalisées, soit une baisse de 13 % sur un an. En données désaisonnalisées, le repli est de 2 % par rapport au mois de juillet 2026. Le ralentissement se poursuit dans l’ensemble des grands secteurs géographiques et touche toutes les catégories de propriétés.
L’offre de propriétés à vendre continue de gagner du terrain dans la région métropolitaine. Avec 20 128 inscriptions en vigueur, l’inventaire a progressé de 18 % sur un an. Après avoir augmenté rapidement sur l’île de Montréal au cours de la dernière année, la croissance du nombre de propriétés à vendre est maintenant plus marquée sur la Rive-Sud (+28 %) et la Rive-Nord (+26 %).
L’augmentation des inscriptions demeure généralisée à travers les catégories de propriétés : +19 % pour les copropriétés, +17 % pour l’unifamiliale et 15 % pour les plex.
Malgré la remontée de l’offre de propriétés disponibles sur le marché, celui de l’unifamiliale demeure à l’avantage des vendeurs dans la majorité des secteurs de la RMR. Le segment de la copropriété affiche un ajustement plus avancé, particulièrement sur l’île de Montréal, où les conditions se situent globalement à la limite d’un marché équilibré et d’acheteurs.
Malgré une offre plus abondante et un ralentissement des ventes, les prix médians continuent d’afficher des hausses modérées. Le prix médian a progressé de 3 % pour les unifamiliales, de 4 % pour les copropriétés et de 2 % pour les plex, depuis un an.
Dans un contexte où les acheteurs disposent d’un choix plus vaste, les délais de vente demeurent orientés à la hausse. Les unifamiliales se sont vendues en moyenne en 42 jours (+1 jour) et les copropriétés en 62 jours (+12 jours). Les plex font toutefois exception, avec un délai moyen en baisse de 4 jours, à 52 jours.
« Avec un recul de l’activité et une offre en croissance dans l’ensemble de la région métropolitaine, les résultats du mois d’août confirment la poursuite du rééquilibrage du marché résidentiel montréalais. Alors que les premiers signes d’assouplissement étaient surtout visibles dans les secteurs centraux de l’île de Montréal, des hausses d’inscriptions plus importantes sont maintenant observées dans les couronnes. Malgré une offre élargie pour les acheteurs, la majorité des marchés résidentiels de la région métropolitaine continuent d’avantager les vendeurs. Le segment de la copropriété sur l’île de Montréal demeure celui où le processus de rééquilibrage est le plus avancé », explique Camille Laberge, directrice adjointe et économiste principale à l’APCIQ.
Cette évolution est particulièrement visible dans certains marchés centraux de la métropole. « Le centre-ville et l’arrondissement du Sud-Ouest se distinguent du reste de la région métropolitaine. Ces secteurs affichent aujourd’hui les niveaux d’inscriptions les plus élevés jamais enregistrés dans le système et les prix des copropriétés y font du surplace depuis plusieurs trimestres. Les données suggèrent que les plus petites unités sont généralement plus difficiles à écouler, ce qui est cohérent avec un marché où les acheteurs disposent désormais d’un vaste éventail de choix », ajoute-t-elle.
« Au-delà de l’évolution de l’offre et de la demande, plusieurs facteurs économiques continuent également de peser sur les décisions d’achat des ménages. « Le marché immobilier est entré dans une phase où les acheteurs ont retrouvé un certain pouvoir de négociation, mais aussi davantage de raisons d’hésiter. Les tensions géopolitiques, les incertitudes économiques et les préoccupations persistantes liées aux prix élevés des propriétés contribuent à ralentir la prise de décision de certains ménages, qui optent pour des stratégies plus prudentes. Cette attitude, combinée à une pression démographique moins forte qu’au cours des dernières années, contribue à modérer l’activité résidentielle dans la région métropolitaine », analyse Hélène Bégin, économiste-experte à l’APCIQ.