09/22/2026
Ă lâapproche des Ă©lections, le courtage immobilier revient dans le dĂ©bat public.
Comme courtier, je pense quâon peut absolument discuter de notre industrie : de transparence, dâencadrement, de protection du public et mĂȘme de notre façon dâĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©s.
Mais avant de modifier un modĂšle, encore faut-il comprendre comment il fonctionne.
Je ne suis pas en train de dire que notre profession est parfaite. Comme dans nâimporte quel domaine, il existe diffĂ©rentes pratiques, diffĂ©rents niveaux de service et certainement des choses qui peuvent ĂȘtre amĂ©liorĂ©es.
Ce qui me dĂ©range davantage, câest lorsquâon rĂ©sume notre rĂ©munĂ©ration Ă ceci :
Une maison se vend 500 000 $. La rétribution est de 4 %. Le courtier vient donc de faire 20 000 $.
MathĂ©matiquement, oui : 4 % de 500 000 $, câest 20 000 $ de rĂ©tribution brute.
Mais ces 20 000 $ ne reviennent pas nĂ©cessairement Ă un seul courtier. Lorsquâun acheteur est reprĂ©sentĂ©, une partie de cette rĂ©tribution peut ĂȘtre offerte en partage Ă son courtier. Avec un partage hypothĂ©tique de 50/50, on parlerait donc de 10 000 $ pour chaque cĂŽtĂ© de la transaction â et ces 10 000 $ ne sont toujours pas ce que le courtier vendeur conserve personnellement.
Selon son modĂšle dâaffaires, une partie peut ensuite ĂȘtre versĂ©e Ă son agence. Sâil travaille au sein dâune Ă©quipe, il peut Ă©galement avoir des frais ou un partage de rĂ©tribution supplĂ©mentaire avec celle-ci.
Puis il faut faire fonctionner lâentreprise.
Dans mon cas personnel, mes frais liĂ©s Ă lâAPCIQ reprĂ©sentent 2 337,41 $ par annĂ©e et le maintien de mon permis environ 2 000 $ supplĂ©mentaires. Ăa reprĂ©sente prĂšs de 4 400 $ annuellement avant mĂȘme mes autres dĂ©penses professionnelles.
Ă cela peuvent sâajouter les frais dâagence et dâĂ©quipe, les applications, logiciels, CRM et autres systĂšmes technologiques, la photographie et la vidĂ©o, le marketing, la publicitĂ©, la comptabilitĂ©, les formations et les dĂ©placements professionnels.
Et tous les courtiers ne bĂątissent pas leur entreprise de la mĂȘme façon.
Certains investissent davantage dans la mise en marchĂ© â home staging, nettoyage professionnel, productions vidĂ©o plus poussĂ©es, campagnes publicitaires supplĂ©mentaires ou autres services â ce qui implique aussi des sommes supplĂ©mentaires investies dans chaque propriĂ©tĂ©.
On nâa mĂȘme pas encore calculĂ© tout le matĂ©riel utilisĂ© pour exploiter et promouvoir lâentreprise : pancartes immobiliĂšres, cartes professionnelles, pochettes et documents de prĂ©sentation, brochures, guides acheteurs et vendeurs, affiches directionnelles, matĂ©riel pour les visites libres, impressions et diffĂ©rents outils promotionnels.
Les rĂ©alitĂ©s financiĂšres peuvent donc ĂȘtre extrĂȘmement diffĂ©rentes dâun courtier Ă lâautre. Un professionnel trĂšs Ă©tabli, qui rĂ©alise un volume important de transactions ou dirige une Ă©quipe, nâa Ă©videmment pas la mĂȘme rĂ©alitĂ© professionnelle (ni personnelle) que tous les autres courtiers.
Je ne cherche pas Ă faire passer les courtiers pour des victimes. Ătre travailleur autonome comporte des dĂ©fis ET de vrais avantages et permet de bĂątir une entreprise selon ses propres objectifs. Je veux simplement montrer tout ce qui sĂ©pare la rĂ©tribution inscrite sur une transaction de ce qui finit rĂ©ellement par devenir le revenu du courtier.
Ăa mâamĂšne Ă lâautre partie du dĂ©bat actuel : le lien entre la rĂ©munĂ©ration du courtier et le prix des propriĂ©tĂ©s.
Prenons cette fois une maison affichĂ©e Ă 700 000 $ : pour quâelle se vende, par exemple, 750 000 $, il faut quâun acheteur juge quâelle vaut ce montant, soit prĂȘt Ă lâoffrir et ait la capacitĂ© financiĂšre de le faire.
Ce quâun vendeur aimerait recevoir et ce que le marchĂ© est prĂȘt Ă payer ne sont pas nĂ©cessairement la mĂȘme chose â et ce, peu importe la rĂ©munĂ©ration du courtier immobilier.
Câest prĂ©cisĂ©ment ici que le dĂ©bat politique actuel mĂ©rite, selon moi, dâĂȘtre ramenĂ© Ă ses effets concrets.
Une proposition prĂ©sentĂ©e durant la campagne Ă©lectorale vise notamment Ă plafonner le calcul de la commission au prix affichĂ© lorsquâune propriĂ©tĂ© se vend au-dessus de celui-ci.
Je comprends lâobjectif derriĂšre cette rĂ©flexion. Mais lorsquâon modifie les rĂšgles dâun modĂšle, il faut aussi rĂ©flĂ©chir aux incitatifs quâon crĂ©e.
Si la rĂ©munĂ©ration est plafonnĂ©e au prix affichĂ© plutĂŽt quâau prix finalement nĂ©gociĂ©, est-ce que cette rĂšgle pourrait Ă©ventuellement influencer la façon dont certaines propriĂ©tĂ©s sont positionnĂ©es dĂšs le dĂ©part?
Je ne prĂ©tends pas connaĂźtre la rĂ©ponse. Mais lorsquâon change un incitatif financier, je pense que la question mĂ©rite dâĂȘtre posĂ©e â surtout lorsquâon regarde concrĂštement lâordre de grandeur dont on parle.
Reprenons une rétribution de 4 %.
Si une propriété affichée à 700 000 $ se vend finalement 30 000 $ plus cher, la différence de rétribution calculée sur cette surenchÚre représente 1 200 $ au total.
Si le calcul était plutÎt plafonné au prix affiché, dans cet exemple précis, le vendeur économiserait 1 200 $ en rétribution - que si la rétribution suivait le pris final.
Câest cette distinction que je trouve importante dans le dĂ©bat sur lâaccessibilitĂ©.
On peut vouloir davantage de transparence. On peut vouloir revoir certaines rĂšgles entourant le courtage. Et on peut vouloir amĂ©liorer lâaccĂšs Ă la propriĂ©tĂ©.
La question nâest donc pas seulement de savoir si 1 200 $ est beaucoup ou peu. La vraie question, câest de comprendre ce que cette mesure change concrĂštement pour lâacheteur.
Si le vendeur Ă©conomise 1 200 $, mais que lâacheteur paie toujours 730 000 $, quel effet rĂ©el cette mesure a-t-elle sur lâaccessibilitĂ© Ă la propriĂ©tĂ©?
Câest cette discussion-lĂ que jâaimerais avoir.
Est-ce quâon agit rĂ©ellement sur le prix que les acheteurs doivent payer â ou principalement sur la façon dont les coĂ»ts dâune transaction sont rĂ©partis?
Je suis curieux de savoir comment vous voyez la différence.