06/07/2026
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Clôtures de piscine : la fin des droits acquis et l’erreur de croire qu’enterrer sa piscine règle tout
On peut discuter des coûts, de la façon dont les inspecteurs appliquent le règlement ou de la rigidité de certaines municipalités. On peut aussi juger que la réglementation est imparfaite, qu’elle s’adapte mal à certains terrains ou qu’elle impose des dépenses importantes. Ces critiques sont recevables. En revanche, enterrer sa piscine pour éviter d’installer une clôture n’est pas une solution sensée.
Depuis le 30 septembre 2025, le sursis est terminé. Le Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles exige maintenant que toutes les installations construites avant novembre 2010 soient conformes aux normes en vigueur. Autrement dit, l’époque où plusieurs propriétaires pouvaient invoquer leurs droits acquis pour éviter de clôturer leur piscine est bel et bien terminée. Partout au Québec, des propriétaires reçoivent des avis d’inspection, et la nouvelle passe mal dans certains cas.
Ce que la loi exige concrètement
Ce que la réglementation exige est assez clair. Toute piscine doit être entourée d’une enceinte qui limite l’accès. Cette enceinte doit mesurer au moins 1,2 mètre de hauteur, empêcher le passage d’un objet sphérique de 10 centimètres de diamètre et ne comporter aucun élément qui facilite l’escalade. Toute porte intégrée à cette enceinte doit être munie d’un dispositif de sécurité passif qui permet la fermeture et le verrouillage automatiques. Les haies, les arbustes et les aménagements paysagers, même denses, ne remplacent pas une enceinte conforme. En cas de non-respect, le propriétaire s’expose à une amende de 500 à 700 dollars, portée à 1 000 dollars en cas de récidive.
Pourquoi tant de résistance?
La résistance de certains propriétaires s’explique par plusieurs facteurs. Le premier est le coût. Dans un article récent, le journaliste Mathieu Boulay rapporte le cas d’une résidente de Sainte-Anne-des-Lacs dont la propriété, construite à flanc de montagne sur roc et béton armé, nécessiterait du dynamitage pour répondre aux exigences municipales. Dans une telle situation, les travaux peuvent coûter plusieurs milliers de dollars. La propriétaire affirme pourtant être favorable à la sécurité des piscines, mais elle juge l’exigence disproportionnée dans son cas et préfère contester une contravention si nécessaire plutôt que d’exécuter des travaux qu’elle estime excessifs.
Le deuxième facteur est le sentiment d’arbitraire. Lorsqu’une propriété est déjà entourée de structures solides qui rendent l’accès pratiquement impossible pour un jeune enfant, l’obligation d’ajouter une clôture autour du bassin peut sembler mal adaptée à la réalité du terrain. Le troisième facteur tient à l’application du règlement. Comme l’inspection est confiée aux municipalités, l’interprétation peut varier d’un endroit à l’autre. Cela alimente chez plusieurs citoyens un sentiment d’injustice, surtout lorsqu’ils ont l’impression d’être traités plus sévèrement que d’autres voisins dans une situation comparable.
Ces frustrations sont réelles. Cela dit, l’objectif de la réglementation demeure simple et difficile à contester. Les noyades d’enfants sont des drames évitables, et la clôture de piscine fait partie des mesures de prévention les plus efficaces. Quand il est question de sécurité des enfants, la marge de tolérance doit être très faible.
Enterrer sa piscine pour éviter l'installation d'une clôture est une fausse bonne idée
Sur le plan immobilier, une piscine creusée bien entretenue et conforme aux normes constitue souvent un atout réel dans une vente. Dans plusieurs secteurs de la Montérégie et du Grand Montréal, une cour arrière avec piscine peut faire la différence entre deux propriétés semblables. La supprimer revient à effacer un avantage concret pour éviter une dépense ponctuelle.
Sur le plan pratique, le comblement d’une piscine coûte aussi cher. Il faut retirer le bassin, remblayer correctement, stabiliser le terrain et remettre la cour en état. Dans bien des cas, cette facture dépasse celle d’une clôture réglementaire. À cela s’ajoutent les questions que se posera tout acheteur éventuel devant un terrain où une piscine a été comblée, notamment sur la stabilité du sol et l’historique de l’installation.
La photo ci-jointe illustre une piscine conforme, bien intégrée à son environnement et organisée de manière à faciliter le respect des règles de sécurité. Elle rappelle qu’une piscine peut rester un espace de plaisir sans devenir un risque inutile. Protéger un enfant de la noyade n’est pas une formalité administrative. C’est une responsabilité. La clôture n’est pas une punition imposée aux propriétaires, mais une barrière simple entre une soirée ordinaire et une tragédie irréparable.