27/02/2025
Débat politique du 25 février 2025 : une occasion manquée par la CEI.
Le débat politique organisé hier, 25 février 2025, entre des représentants du PDCI, du PPA-CI et du RHDP, avec la participation attendue de la Commission Électorale Indépendante (CEI), avait pour ambition d’éclairer les citoyens ivoiriens sur des enjeux électoraux cruciaux. Cependant, un incident notable a marqué cette rencontre : le départ de la représentante de la CEI du plateau, suite à une controverse soulevée par le représentant du PDCI.
D’après les informations disponibles, le courrier d’invitation stipulait la présence d’un seul représentant par entité. Or, la CEI s’est présentée avec deux représentants, dans une stratégie apparente de se relayer en fonction des questions posées, afin de couvrir les différents aspects techniques et organisationnels liés à leur mission. Cette approche a été vivement contestée par le représentant du PDCI, qui y a vu une forme de “passement de basket”, estimant que cela contrevenait aux termes de l’invitation et remettait en cause la neutralité de la CEI, censée jouer un rôle d’arbitre impartial et non de protagoniste partisan.
Pour ma part, je considère que la CEI avait une légitimité à adopter cette stratégie. La Commission est une institution complexe, responsable de l’ensemble du processus électoral, de l’établissement des listes électorales à l’organisation des scrutins. Il est donc logique et pertinent qu’elle mobilise plusieurs experts, chacun maîtrisant un domaine spécifique, pour répondre avec précision aux interrogations soulevées lors d’un tel débat. À titre de comparaison, dans une entreprise, un directeur commercial ne saurait répondre aux questions pointues de logistique, tout comme un financier ne pourrait s’exprimer avec autorité sur les ressources humaines. De la même manière, la CEI doit pouvoir s’appuyer sur une équipe pour refléter la diversité de ses compétences.
Cependant, le choix de quitter le plateau face à cette contestation constitue, à mon sens, une erreur majeure. Plutôt que de céder à la pression ou de laisser place à l’interprétation, la représentante aurait dû rester et justifier cette présence plurielle avec transparence. Elle aurait pu, par exemple, rétorquer au représentant du PDCI : “Notre institution est vaste et nos responsabilités multiples. Nous sommes ici à deux, et nous pourrions être davantage si nécessaire, pour garantir des réponses claires et complètes aux citoyens. Notre rôle d’arbitre exige cette rigueur, pas un jeu de passe-passe. Une telle posture aurait non seulement désamorcé la critique, mais aussi renforcé la crédibilité de la CEI en démontrant son engagement à informer les Ivoiriens, au-delà des querelles politiciennes.
En quittant le plateau, la CEI a non seulement manqué une opportunité de dialogue, mais a également prêté le flanc à des soupçons d’esquive ou de faiblesse institutionnelle. Ce départ a pu conforter le narratif du PDCI, alors qu’une présence maintenue aurait permis de recentrer le débat sur les faits et les explications techniques. En tant qu’arbitre du processus électoral, la CEI se doit d’incarner une autorité irréprochable, capable de tenir sa place même dans les moments de tension.
Le débat public mérite mieux que ces faux pas.