06/09/2026
𝟐𝟏 𝐥𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐞𝐦𝐛𝐥é𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐚𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐥’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐘𝐚𝐨𝐮𝐧𝐝é .
⛔ En te positionnant rapidement dans une brousse d'aujourd'hui, qui sera la ville de demain, tu pourras aussi immortalisé un lieu par ton nom,comme l'on fait ceux présenté dans ce qui va suivre:
Article realisé par le club journal-centre educatif de bastos.
À Yaoundé, les noms de quartiers, rues, carrefours et lieux-dits ne sont pas toujours de simples repères géographiques. Beaucoup témoignent d’un personnage, d’une activité, d’un événement ou d’une transformation urbaine.
Ils constituent ainsi une véritable mémoire populaire de la capitale, de la période coloniale aux grandes mutations de l’après-indépendance.
𝟏. 𝐋𝐚𝐛𝐨𝐫𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐌é𝐤𝐚
En 1986, l’homme d’affaires Kakagné obtient la licence de représentation de la marque belge de thé Thé-Fal, dont certaines formules sont destinées à la perte de poids.
Les produits sont composés et conditionnés sur place par du personnel en blouse blanche. Kakagné est bientôt surnommé « Docteur », puis « 𝐌é𝐝𝐞𝐜𝐢𝐧 𝐊𝐚𝐤𝐚𝐠𝐧é », abrégé en « Méka ». Il adopte alors le nom « Laboratoire Méka », qui finit par s’imposer dans l’usage populaire.
𝟐. 𝐓𝐢𝐭𝐢 𝐆𝐚𝐫𝐚𝐠𝐞
Au début des années 1980, Thierry, dit « T**i », travaille comme mécanicien dans un atelier tout en exerçant comme chauffeur de taxi.
Les taximen d’Essos, Mfandena et Ngousso font régulièrement appel à lui pour leurs pannes. L’atelier devient progressivement le « 𝐓𝐢𝐭𝐢 𝐆𝐚𝐫𝐚𝐠𝐞 », nom qui s’ancre dans la géographie populaire de Yaoundé.
𝟑. 𝐂𝐨𝐫𝐨𝐧
En 1940, 𝐑𝐨𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐆𝐮𝐬𝐭𝐚𝐯𝐞 𝐀𝐥𝐞𝐱𝐚𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐂𝐨𝐫𝐨𝐧 et plusieurs colons installés à Yaoundé rallient la France libre du Général De Gaulle, occasionnant ainsi le 𝒑𝒓𝒆𝒎𝒊𝒆𝒓 𝒄𝒐𝒖𝒑 𝒅’é𝒕𝒂𝒕 𝒅𝒖 𝑪𝒂𝒎𝒆𝒓𝒐𝒖𝒏 .
Mais la famille Coron était déjà présente dans la ville depuis les années 1930, notamment à travers une importante scierie.
Son fils, 𝐑𝐨𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐂𝐨𝐫𝐨𝐧, deviendra une figure de l’industrie forestière locale. Cette empreinte explique que le nom « Coron » soit resté associé à un secteur de Yaoundé IV.
𝟒. 𝐌𝐢𝐧𝐢-𝐅𝐞𝐫𝐦𝐞
Dans les années 1960 et 1970, des migrants s’installent à Melen, où l’agriculture permet d’approvisionner la capitale. Avec l’expansion de Yaoundé et la pression foncière, les exploitations disparaissent progressivement.
𝐔𝐧 𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐥𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫, qui résiste jusqu’au milieu des années 1980 et fournit notamment les braiseurs de poulet, devient alors le repère connu sous le nom de « Mini-Ferme ».
𝟓. 𝐅𝐨𝐮𝐠𝐞𝐫𝐨𝐥
Dans les années 1930, sous la tutelle française, la 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐅𝐨𝐮𝐠𝐞𝐫𝐨𝐥𝐥𝐞𝐬, originaire de l’Allier, installe une usine de transformation de bitume à 𝐍𝐠𝐨𝐮𝐥𝐦𝐞𝐤𝐨𝐧𝐠, chez les Mvog-Ekoussou. La présence des ouvriers contribue à faire connaître le site. Le nom de l’usine finit par désigner le secteur : « Fougerol ».
𝟔. 𝐒𝐭𝐚𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐥𝐢𝐞𝐧
Pour la 8e Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Cameroun en 1972, des terrains d’entraînement sont aménagés pour les équipes participantes. Le chef de 𝐍𝐤𝐨𝐥𝐝𝐨𝐧𝐠𝐨 𝐗𝐈𝐈, 𝐀𝐥𝐩𝐡𝐨𝐧𝐬𝐞 𝐌𝐛𝐢𝐝𝐚 𝐌𝐢𝐧𝐤𝐨𝐮𝐥𝐨𝐮, met une parcelle familiale à la disposition du maire André Fouda.
Le stade est inauguré en février 1972 et accueille notamment les entraînements de l’équipe du Mali, qui compte alors 𝐒𝐚𝐥𝐢𝐟 𝐊𝐞ï𝐭𝐚 dans ses rangs. Les habitants l’appellent naturellement « Stade Malien ». Après la compétition, il devient notamment un terrain d’entraînement du Canon de Yaoundé.
𝟕. 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐠𝐚𝐬𝐜𝐚𝐫
Du 11 au 19 juillet 1964, Yaoundé accueille la deuxième 𝐂𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐓𝐫𝐨𝐩𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, réunissant sept pays et 572 sportifs dans sept disciplines.
La présence de la délégation malgache attire particulièrement l’attention pour ses épidermes plus métissés que “tropicaux”. Les habitants prennent progressivement l’habitude d’appeler « 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐠𝐚𝐬𝐜𝐚𝐫 » le site où elle réside. Le nom reste dans la mémoire urbaine.
𝟖. 𝐌𝐨𝐧𝐭é𝐞 𝐂𝐚𝐯𝐞𝐚𝐮
En 1968, une boîte de nuit appelée 𝐥𝐞 𝐂𝐚𝐯𝐞𝐚𝐮 ouvre à Mvog-Ada. Installée au bord d’une route en pente, elle devient un important lieu de divertissement. Les clients indiquent leur destination aux chauffeurs de taxi par « Montée Caveau ». Même après la disparition du night-club, le nom demeure.
𝟗. 𝐀𝐯𝐞𝐧𝐮𝐞 𝐆𝐞𝐫𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞
Le 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐦é𝐝𝐢𝐜𝐚𝐥 𝐝’𝐄𝐬𝐬𝐨𝐬, inauguré en 𝟏𝟗𝟕𝟖 et devenu plus t**d l’Hôpital de la Caisse, est construit sur la colline de Nkol Kaba, « colline des macabos ».
La voie qui longe l’établissement est ensuite transformée en avenue et baptisée « Avenue Germaine », en hommage à 𝐆𝐞𝐫𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐇𝐚𝐛𝐢𝐛𝐚 𝐀𝐡𝐢𝐝𝐣𝐨, première dame du Cameroun et l’une des premières infirmières hospitalières d’État du pays.
𝟏𝟎. É𝐥𝐞𝐯𝐞𝐮𝐫
Au nord-est de Yaoundé, au-delà de Ngousso sur la route de Soa, le lieu-dit « Éleveur » doit son appellation à la présence ancienne de 𝐟𝐞𝐫𝐦𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐢𝐜𝐨𝐥𝐞𝐬 et de zones de transit du bétail.
Les troupeaux destinés à l’approvisionnement de la capitale y séjournaient avant leur acheminement vers l’abattoir. Le terme s’est ainsi imposé comme repère géographique.
𝟏𝟏. 𝐀𝐛𝐚𝐭𝐭𝐨𝐢𝐫
La viande bovine vendue à Yaoundé provient principalement du nord du Cameroun. En avril 1984, la 𝐒𝐎𝐃𝐄𝐏𝐀 (𝑆𝑜𝑐𝑖é𝑡é 𝑑𝑒 𝐷é𝑣𝑒𝑙𝑜𝑝𝑝𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑡 𝑑'𝐸𝑥𝑝𝑙𝑜𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑃𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝐴𝑛𝑖𝑚𝑎𝑙𝑒𝑠) met en service un abattoir moderne à Etoudi, à l’entrée nord de la ville, près du marché à bétail. Il remplace l’ancien abattoir municipal situé au sud, qui obligeait les troupeaux à traverser une grande partie de la ville. Cette nouvelle implantation réorganise le circuit d’approvisionnement en viande.
𝟏𝟐. 𝐂𝐚𝐦𝐩 𝐒𝐨𝐧𝐞𝐥
En 1972, la SONEL construit à Essos-Mfandena une cité destinée à ses employés. À l’image des 𝐜𝐢𝐭é𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐈𝐂, elle comprend des logements et des équipements collectifs, notamment des espaces sportifs et une salle des fêtes. Le « Camp Sonel » devient progressivement un quartier à part entière et un repère majeur d’Essos.
𝟏𝟑. 𝐁𝐨𝐫𝐧𝐞 𝐅𝐨𝐧𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞
À 𝐄𝐦𝐚𝐧𝐚, le lieu-dit « Borne Fontaine » tire son nom d’un point d’eau équipé de 𝐬𝐢𝐱 𝐟𝐨𝐧𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬.
À une époque où l’accès à l’eau potable n’était pas généralisé, les habitants venaient quotidiennement s’y approvisionner. Même après la disparition de sa fonction initiale avec l’urbanisation, le nom est resté celui d’un carrefour et d’un secteur.
𝟏𝟒. 𝐒𝐚𝐧𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐫𝐛𝐚𝐫𝐚
De 1990 à 1993, la CRTV diffuse la célèbre 𝐬é𝐫𝐢𝐞 𝐭é𝐥é𝐯𝐢𝐬é𝐞 « 𝐒𝐚𝐧𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐫𝐛𝐚𝐫𝐚 », très populaire auprès des téléspectateurs camerounais. Son succès est tel que le nom est repris pour désigner de nouveaux espaces résidentiels à Yaoundé et Douala.
À Yaoundé, il finit notamment par désigner une zone résidentielle située dans la périphérie d’Emana et de Ngousso.
𝟏𝟓. 𝐌𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐁𝐥𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞
À partir de la fin des années 1970, la 𝐌𝐀𝐄𝐓𝐔𝐑 entreprend l’aménagement de Biyem-Assi. Parmi les premières maisons construites, l’une se distingue parce qu’elle est entièrement peinte en blanc.
Elle devient rapidement un repère pour les habitants et les transporteurs. Le secteur prend alors le nom de « 𝐌𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐁𝐥𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞 », puis « Maisons Blanches » ( parce que d’autres maison toutes blanches y ont été construites).
𝟏𝟔. 𝐃𝐚𝐤𝐚𝐫
L’immigration sénégalaise au Cameroun qui a commencé en 1920 s’intensifie après la Première Guerre mondiale, puis connaît une nouvelle vague à partir des années 1970 pour des raisons économiques.
Une importante communauté s’installe au sud-ouest de Yaoundé, dans l’ancien village d’𝐄𝐬𝐨𝐛 𝐌𝐢𝐧𝐥𝐮𝐧𝐠, entre Efoulan et Mvolyé. Le secteur, d’abord appelé « 𝐏𝐞𝐭𝐢𝐭 𝐃𝐚𝐤𝐚𝐫 », finit par devenir simplement « Dakar ».
𝟏𝟕. 𝐒𝐜𝐚𝐥𝐨𝐦
À la fin des années 1970, pendant l’aménagement de Biyem-Assi, la 𝐒𝐨𝐜𝐢é𝐭é 𝐝’𝐚𝐩𝐩𝐥𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧, 𝐨𝐮 « 𝐒𝐜𝐚𝐥𝐨𝐦 », installe ses bureaux le long de la nouvelle avenue. Même après son départ, le nom de l’entreprise reste associé au secteur et devient un repère de la géographie urbaine de Yaoundé.
𝟏𝟖. 𝐃𝐚𝐦𝐚𝐬
Au début des années 1980, l’homme d’affaires 𝐇𝐞𝐧𝐫𝐢 𝐃𝐚𝐦𝐚𝐬𝐞 𝐎𝐦𝐠𝐛𝐚 fait construire à Nsimeyong un imposant manoir.
La demeure, remarquable par ses dimensions, alimente alors de nombreuses rumeurs sur la fortune de son propriétaire. Dans l’usage populaire, « Damase » devient progressivement « Damas ». Le nom finit par désigner le quartier.
𝟏𝟗. 𝐏𝐚𝐫𝐜 𝐑𝐞𝐩𝐢𝐪𝐮𝐞𝐭
𝐉𝐮𝐥𝐞𝐬 𝐕𝐢𝐧𝐜𝐞𝐧𝐭 𝐕𝐢𝐜𝐭𝐨𝐫 𝐑𝐞𝐩𝐢𝐪𝐮𝐞𝐭, commissaire de la République française au Cameroun de 1934 à 1936, a laissé son nom dans la capitale. Celui-ci a été attribué à la place Repiquet ainsi qu’à une école publique située en face de la Chambre d’agriculture. « Repiquet » demeure ainsi un témoignage de la toponymie héritée de la période coloniale.
𝟐𝟎. 𝐇𝐢𝐩𝐩𝐨𝐝𝐫𝐨𝐦𝐞
Dans les années 1930, les 𝐌𝐯𝐨𝐠-𝐀𝐝𝐚 sont déplacés pour permettre l’aménagement d’un terrain destiné aux 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞𝐬 𝐡𝐢𝐩𝐩𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 et aux loisirs des autorités coloniales. Des résidences sont ensuite construites autour du site, donnant naissance au quartier de 𝐥’« 𝐇𝐢𝐩𝐩𝐨𝐝𝐫𝐨𝐦𝐞 ».
Après l’indépendance, le secteur devient un important centre administratif, diplomatique et financier de Yaoundé. Plusieurs ambassades y sont installées, dont le Haut-Commissariat de Grande-Bretagne.
𝟐𝟏. 𝐌𝐨𝐧𝐭é𝐞 𝐀𝐧𝐧𝐞 𝐑𝐨𝐮𝐠𝐞 ❓
D’où vient exactement le nom de la « Montée Anne Rouge » ? S’agit-il du nom d’une personne, d’un commerce, d’un établissement ou d’un autre repère aujourd’hui disparu ?
𝐀𝐩𝐩𝐞𝐥 à 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : si vous connaissez l’origine du nom « Anne Rouge », n’hésitez pas à partager vos témoignages, archives, photographies ou souvenirs. Les récits des anciens habitants peuvent permettre de reconstituer cette partie de la mémoire de Yaoundé.
-𝑪𝒍𝒖𝒃 𝑱𝒐𝒖𝒓𝒏𝒂𝒍- 𝑪𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆 𝑬𝒅𝒖𝒄𝒂𝒕𝒊𝒇 𝑩𝒂𝒔𝒕𝒐𝒔
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