24/06/2026
La qualité d'un logement ne se résume pas à un DPE. Un logement de qualité est un logement qui protège ses occupants, été comme hiver. Aujourd'hui le compte n'y est pas !
Après les épisodes de fortes chaleurs du mois de mai puis de cette fin juin, une réalité apparaît au grand jour : celle de logements qui peinent à protéger leurs occupants lorsque les températures s'envolent.
Depuis plusieurs jours, de nombreux habitants subissent des températures dépassant les 30°C dans leur logement, avec parfois plus de 28°C la nuit. Dans ces conditions, il devient difficile de dormir, de récupérer ou simplement de vivre normalement.
Cette situation concerne tout le monde, mais elle touche encore davantage les personnes âgées, les malades, les jeunes enfants et toutes celles et ceux dont la santé est plus fragile.
Depuis des années, certains répondent aux difficultés de chauffage en expliquant aux locataires qu'il suffit de mettre un pull. Il aura fallu beaucoup de temps et beaucoup d'énergie pour faire reconnaître qu'un logement doit pouvoir offrir des conditions de vie dignes à toutes et tous en hiver.
Mais lorsque les températures restent étouffantes jour et nuit, quelle est la réponse ? Boire davantage d'eau ? Fermer les volets s'il y en a, les doubles rideaux ? Bien sûr, ces gestes sont utiles mais insuffisants. Le colibri transporte les petites gouttes mais la forêt brûle à la fin de l'histoire !
Ces petits gestes ne peuvent plus masquer les limites d'un bâti qui n'a pas été suffisamment entretenu, rénové ou adapté aux nouvelles réalités climatiques. Pourtant depuis plus de 30 ans les différentes alertes sont nombreuses.
Ce qui frappe également, c'est le silence des bailleurs observé durant ces épisodes de chaleur. Peu d'informations, peu de consignes, peu de prises de parole. Y a t il des appels vers les plus fragiles ? Mystère, les administrateurs et représentants de locataires ne sont pas informés. Quand on parle d'un problème de gouvernance, un voilà un exemple bien flagrant !
Double vitrage vieillissant, logements mal ventilés, absence de protections solaires, manque d'îlots de fraîcheur, travaux repoussés année après année : autant de sujets qui réapparaissent avec force dès que les températures augmentent. Oui les sujets refont surface tandis que les réponses continuent à demeurer floues voir absentes.
La CNL de la Manche défend depuis toujours une idée simple : la qualité d'un logement ne se résume pas à une lettre sur un diagnostic énergétique ou à un bilan carbone.
Les DPE soit disant valorisant ne garantissent en rien la bonne qualité de vie. La CNL le dit depuis des années, les bailleurs n'en ont cure. Et pourtant un logement de qualité est avant tout un logement qui protège ses occupants, été comme hiver.
Les épisodes de chaleur que nous connaissons aujourd'hui ne sont plus exceptionnels. Ils vont se multiplier dans les années à venir. Il est donc temps que l'ensemble des acteurs concernés — bailleurs, communes, agglomération et pouvoirs publics — prennent pleinement la mesure du problème et engagent les investissements nécessaires. L'heure n'est plus aux projets pharaoniques pour "l'attractivité" mais bien à l'amélioration de la qualité de vie, la protection des populations résidants sur le territoire
Il y a une réalité simple : celle des habitants qui vivent ces situations au quotidien et qui en souffrent. Et aujourd'hui, pour beaucoup d'entre eux, le compte n'y est toujours pas.