18/06/2026
Il y a quarante ans, le moineau domestique était l'oiseau le plus commun de France. Vous l'entendiez dans chaque rue, chaque cour, chaque jardin de ville. Il nichait dans les gouttières, sous les tuiles, dans les fissures des vieux murs.
Aujourd'hui, dans beaucoup de quartiers urbains français, il a disparu. Pas progressivement, pas imperceptiblement. Il a disparu, et sa disparition a été si silencieuse que la plupart des gens ne l'ont pas remarquée.
Les recensements d'oiseaux communs de l'ONCFS et du MNHN documentent une chute de 75% des populations urbaines de moineaux domestiques en France depuis 1980. En Ile-de-France, certains quartiers entièrement rénovés n'en hébergent plus aucun.
Trois causes identifiées. La rénovation thermique des bâtiments supprime les cavités où il nichait — les joints refaits, les tuiles refixées, les bardages posés condamnent des centaines de sites de nidification en une journée de travaux. L'usage d'insecticides urbains et la diminution des insectes dans les espaces verts réduisent la nourriture disponible pour les poussins, qui ont besoin de protéines animales les deux premières semaines de vie. La disparition du végétal en pied de mur, des cours non pavées, des jardins de quartier supprime les zones de bain de poussière dont il a besoin quotidiennement.
Sa présence dans un quartier est un indicateur de diversité et de qualité de l'environnement urbain. Son absence est un signal d'alarme.
Un nichoir à entrée ronde de 32mm, fixé à 3 mètres de hauteur sur un mur exposé au nord-est, peut être colonisé en quelques semaines dans les quartiers où il reste quelques individus.