23/07/2025
Je prends rarement position, mais ce qu'il se passe est un coup tellement dur pour NOUS, acteurs de la rénovation énergétique que je me dois de publier.
Ce que j’ai entendu m’inquiète profondément !
Le Gouvernement annonce une réouverture partielle du guichet MaPrimeRénov’ au 30 septembre... mais seulement 13 000 dossiers acceptés d’ici fin 2025.
C’est une fermeture déguisée.
Une manière de dire oui, en sachant très bien que ce sera non pour la majorité des projets accompagnés. Je n’ai évidemment pas 13 000 dossiers à moi seule. Mais si l’on ramène cela à l’échelle nationale, cela signifie que des centaines d’accompagnateurs comme moi vont se retrouver sans perspective d’activité principale d’ici la fin de l’année. Pas parce que les projets manquent. Mais parce qu’un dispositif entier est suspendu en plein vol, pour cause d’engorgement prévisible.
C’est un effondrement programmé. Une filière entière fragilisée.
A l’échelle nationale, au 31 mai 2025, 1 412 structures sont identifiées, soit 3 800 à 4 500 emplois directs et indirects aujourd’hui menacés.
Des indépendants, des petites équipes, des personnes qui ont quitté leur poste salarié pour exercer un métier utile, au service de l’intérêt général, à l’appel de l’État lui-même. Le plus grave : 83 % d’entre nous risquent d’être exclus des PTF.
Une autre menace se profile : la fermeture de l’accompagnement des ménages modestes et très modestes (soit 81 % des projets) aux MAR non agréés CCH. Ce serait écarter 83 % des accompagnateurs indépendants, souvent des TPE ou des structures associatives locales, au profit quasi exclusif de grands opérateurs nationaux. Nous ne demandons pas à répondre à tous les marchés publics. Ce n’est pas notre vocation.
Mais nous demandons que la rénovation énergétique reste ouverte à tous les MAR compétents, dans des conditions équitables.
Concrètement, un dossier complet représente entre 25 et 40 heures de travail. Mais dans la réalité, c’est souvent bien plus : devis incohérents à rectifier, entreprises à relancer, documents bloqués dans les tuyaux administratifs... Je vais sur place. Je prends le temps de comprendre les besoins, les contraintes, les inquiétudes. Je fais le lien entre la technique, le budget, les exigences réglementaires. Chaque dossier exige de la rigueur, de la pédagogie, et une présence constante.
C’est un travail de terrain, de confiance. Les ménages m’appellent à toute heure. Je suis souvent leur seul interlocuteur stable pendant tout le parcours.
Des mois de formation, d'implication, des heures à n'en plus finir pour que les ménages soient satisfaits, et maintenant ?
La colère monte. Nous ne sommes pas que des lignes dans un tableau Excel. Cela ne tiendra pas longtemps comme ça... On ne peut pas piloter une politique de long terme avec des décisions prises tous les trois mois. Et on ne peut pas appeler à la confiance... tout en coupant les moyens de la construire.