31/10/2025
On m’a dit qu’à Halloween, il fallait sortir les monstres.
Mais dans mon métier, certains biens n’ont pas besoin de déguisement pour faire frissonner.
Les maisons de l’ombre
Halloween approche.
Les vitrines se couvrent de toiles d’araignées, les citrouilles s’allument, et les enfants rient des monstres qu’ils ont eux-mêmes dessinés.
Et pendant que certains se déguisent pour se faire peur, moi je repense à ces maisons où la peur ne se joue pas.
Celles qu’on dit “chargées”.
Celles où le silence a un poids.
Je n’en ai jamais eu à vendre, mais je me suis souvent interrogé.
Comment réagir face à ces lieux où un drame s’est invité ?
Faut-il en parler, ou se taire ?
Et surtout… que ressent l’acheteur, quand il apprend l’histoire ?
Aux États-Unis, au Québec, la loi oblige à dire.
En France, rien n’y contraint vraiment.
Mais derrière le juridique, il y a autre chose : le ressenti.
Et celui-là ne ment jamais.
Une maison n’est pas qu’un ensemble de pièces.
C’est un décor de vie, un témoin d’émotions, parfois de blessures.
Et tout comme les gens, certains lieux ont besoin de vérité pour guérir.
Notre rôle, en tant que professionnels, n’est pas seulement d’évaluer des mètres carrés.
C’est d’accompagner des histoires.
Et parfois, ces histoires sont lourdes.
Alors oui, parler d’un décès, d’un drame, c’est délicat.
Mais se taire, c’est pire.
Parce que le silence finit toujours par s’inviter à la table des négociations.
J’ai toujours pensé que vendre, ce n’est pas cacher.
C’est savoir dire les choses avec tact.
Et derrière ce mot, “tact”, il y a tout ce que ce métier exige :
=>de l’écoute, de la pudeur, et un profond respect des vies que l’on croise.
Halloween ne me fait pas peur.
Ce qui me ferait peur, ce serait d’oublier qu’avant de parler prix, on parle d’humain.
Et vous, si vous étiez à ma place, vous en parleriez… ou pas ?
Moi c’est Alain Lerfel.
Je ne vends pas des murs.
Je crée des déclics.
Efficity