17/11/2020
Zoom sur le quartier Belsunce
Le quartier Belsunce est l'un des 6 quartiers composant le 1er arrondissement de la ville de Marseille.
Celui-ci recouvre une partie de la ville urbanisée au 17ème siècle lors de son agrandissement (au-delà des remparts).
Il s'agit de l'hyper-centre de Marseille.
Proche du vieux port, il est très bien desservi par les transports en commun :
- Tramway sur la rue de Rome
- Tramway sur la Canebière
- Nombreuses lignes de bus au départ du Centre Bourse
- Métro Noailles
Il s'agit en effet d'un quartier résidentiel mais disposant d'une très forte attractivité commerciale, avec de très nombreux commerces en pieds d'immeubles.
La rue de Rome, voisine, a bénéficié d'importants travaux d'infrastructure urbaine avec la mise en place du tramway (ligne T3). Celui-ci permet de relier la place Castellane au silo d'Arenc via la Canebière en offrant 4 stations sur la rue de Rome pour gagner rapidement les quartiers commerçants de l'hyper-centre de Marseille. Par ailleurs, l'interdiction de la circulation automobile, accompagnée de l'agrandissement et l'embellissement des trottoirs a permis, grâce à un environnement apaisé, de renforcer l'attractivité commerciale de cette rue, attractivité dont bénéficie toutes les rues avoisinantes.
Par ailleurs, ce quartier ancien, a fait l'objet de très nombreuses opérations d'urbanisme depuis plus de 20 ans, initiées par la ville de Marseille.
Ainsi, dès 1995 ont été institués les périmètres de restauration immobilière (PRI) Thubaneau, puis Belsunce, opérations basées sur l'incitation des propriétaires privés à engager les travaux de réhabilitation de leur patrimoine.
En parallèle ont été mises en place des OPAH (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat) permettant l’obtention de subventions publiques pour la réalisation des travaux de rénovation.
L'objectif était de lutter contre la vacance de logements (logements insalubres et inoccupés) et de permettre la mise aux normes modernes d'habitabilité de ces logements.
Ces opérations de PRI (arrêtées fin 2009) ont permis au 31/12/2009 la réhabilitation de 1790 logements sur les 3650 logements ayant été destinataires d'une obligation de réaliser les travaux (soit 49 %), chiffre auquel doivent être ajoutés 405 logements en cours de travaux à cette date, soit 60 % des logements prescrits (source : rapport définitif de la Chambre Régionale des Comptes sur les opérations de Marseille Aménagement paru en 2013).
Cette politique incitative de restauration immobilière a donc connu un certain succès, ce qui a encouragé la ville de Marseille à poursuivre cette politique auprès des propriétaires privés par le biais de nouvelles procédures.
C'est dans ce contexte qu'a été lancée l'opération" Grand Centre-ville", en 2010, ciblant 35 pôles de renouvellement urbain par réhabilitation, restructuration, ou démolition/reconstruction en vue de "mobiliser le foncier disponible ou de requalifier le bâti existant afin d'améliorer l'offre de logements, locaux d'activité ou équipements, l'attractivité résidentielle, la proximité des services, la qualité des espaces publics, en lien avec les projets structurants du centre-ville".
Ces politiques urbaines se sont prolongées ensuite en 2017 par la mise en place du projet « ambition centre-ville » dont les 50 projets ont pour objet de reconquérir le centre-ville de Marseille (propreté, aménagement des espaces publics, habitat, commerce, attractivité, sécurité…).
3 volets intéressent particulièrement le secteur de Belsunce :
- L’aménagement de la place de la Providence
- La restructuration de l’ilot Velten (centre d’animation, école de musique…)
- L’Aménagement de l’espace public à la Porte d’Aix
Enfin, la métropole Aix Marseille Provence a lancé en 2019 le PPA (Projet Partenarial d’Aménagement), vaste opération sur un territoire de 300 hectares incluant le quartier Belsunce dont l’un des objectifs est la lutte contre l’habitat dégradé.
Cette forte implication politique est donc un élément moteur important de la transformation progressive de ce quartier.
Toutes ces politiques urbaines ont permis une amélioration incontestable de ce secteur en une vingtaine d’années mais le centre-ville dans son ensemble pâtit toujours de difficultés notamment socio-économiques, et la problématique du centre ancien dégradé est malheureusement toujours d’actualité comme en témoigne le drame de la rue d’Aubagne en 2018.
En ce qui concerne le marché immobilier du secteur, les références de transaction que nous avons analysées portent sur des surfaces habitables s’inscrivant dans une fourchette de 42 à 92 m2, pour une moyenne de 62 m2.
Les prix de cession constatés s’inscrivent dans une fourchette de 1 200 à 2 700 Euros / m2 pour un prix moyen pondéré de 1 726 Euros / m2 (l’appartement moyen de 62 m2 est vendu 107 000 Euros).
75 % des références ont un prix de cession inférieur à 1 930 Euros / m2.
Ces chiffres sont à mettre en relation avec un prix médian de 2 610 Euros enregistré pour l’ensemble de la ville de Marseille (source baromètre immobilier des notaires), soulignant ainsi la faiblesse du marché immobilier de ce secteur, nonobstant toutes les politiques urbaines initiées.