17/11/2022
Nous avons vu en 5 ans Marseille changer et les métiers de syndic et d’agent immobilier évoluer.
Nous avons repris fin 2017 le cabinet CAUCANAS, un tout petit portefeuille de petites copropriétés du centre-ville de Marseille.
Depuis nous avons développé le cabinet SEVENIER & CARLINI et sommes une douzaine. Nous avons veillé à croitre de manière raisonnée. Nous ne sommes pas les meilleurs mais proposons un service de proximité, humain et sur mesure très recherché.
Dans la première année de notre installation est arrivée le drame de la rue d’Aubagne qui a profondément changé le métier simultanément aux injonctions de ravalement de façade dans le centre-ville qui pleuvaient.
Jusque-là syndic, municipalité et copropriétaires pensaient que l’on pouvait reporter sans cesse les travaux et qu’un immeuble était éternel. Du jour au lendemain nous sommes passés d’un extrême à l’autre avec une paranoïa parfois abusive.
Les fameux 3 fenêtres Marseillais construits à la fin du XIXe siècle ont subi beaucoup de modifications dans les appartements à l’intérieur fragilisant la structure mais rarement des travaux d’envergure pour les entretenir.
Les collecteurs d’eau n’étaient jamais changés, les ravalements sans cesse reportés et les toitures simplement rafistolés.
Il faut dire que le centre-ville était paupérisé et les copropriétés étant en général petites les frais à se diviser sont énormes.
Avec l’engouement pour Marseille, les quartiers centraux ont monté en gamme, les prix au mètre carré augmentent et les moyens financiers des copropriétaires également.
Alors que jusqu’à présent les syndics se contentaient la plupart du temps de gérer les affaires courantes et de payer 5 factures dans l’année avec des honoraires ras les pâquerettes il a fallu prévoir des travaux, monter les dossiers de subvention, faire des appels d’offres, voter et suivre des travaux.
Le métier a considérablement évolué, les honoraires de base aussi.
FONCIA et CITYA ont racheté à tour de bras des cabinets indépendants qui ont jeté l’éponge face au manque de rentabilité, aux difficultés du métier, à la problématique du recrutement et aux offres alléchantes des deux groupes.
Résultat : aujourd’hui il est difficile pour une petite copropriété de trouver un syndic indépendant.
Depuis nous avons développé également notre expertise en transaction
Alors qu’il y a 5 ans il était possible de trouver dans le 5e arrondissement des appartements à 2.300 euros le mètre carré aujourd’hui ils dépassent les 4.000 euros (et ne parlons pas des jardins ou terrasses…)
Jusqu’à présent le sujet des étiquettes énergétiques était un sujet accessoire qui n’intéressait personne. Brusquement, depuis septembre, on ne parle que de cela à chaque vente et à toutes les Assemblées.
Quid de l’avenir de nos métiers ? Alors que des start-ups aujourd’hui moribondes ont tenté de disrupter le marché de la gestion de copropriété le conseil et la proximité seront plus que jamais nécessaires.