08/10/2026
Meublés : 1 propriétaire sur 3 prêt à stopper son activité en 2027 ?
Meublés : 1 propriétaire sur 3 prêt à stopper son activité en 2027 ?
Ce n'est plus une simple rumeur qui circule dans les couloirs du secteur immobilier. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon l'Observatoire français de la location meublée 2026, publié cette fin de septembre, plus d'un propriétaire sur trois envisage très sérieusement de renoncer à la location meublée en cas de nouveau durcissement fiscal ou réglementaire. Un constat qui risque sérieusement d'entrer en collision avec les discussions budgétaires qui débutent en France et qui constituent, à elles seules, une sérieuse menace pour le secteur ...
Que propose le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) actuellement en discussion au Parlement ? Surprise ! Un nouveau coup de rabot fiscal ciblant directement le régime LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel).
Entre la colère grandissante des bailleurs, l'incompréhension des professionnels et les risques majeurs pour l'offre de logement, cette réforme ne sera pas sans conséquences majeures sur le secteur touristique et résidentiel.
PLF 2027 : ce qui change pour l'amortissement en LMNP
À l'heure où s'écrivent ces quelques lignes, le gouvernement affiche une ambition claire : rendre la location nue de longue durée plus attractive au détriment de la location meublée, en particulier touristique. Pour y parvenir, l'article 7 du projet de loi de finances 2027 prévoit un énième rabotage direct des avantages fiscaux du régime réel.
En l'état des discussions préparatoires, ministres et parlementaires opteraient pour, au moins, 3 options non-négociables :
La fixation d'un plafonnement des amortissements en meublé classique : l'amortissement déductible serait plafonné à 2,5 % par an, dans la limite de 12 000 € par an et par foyer fiscal.
Un "tour de vis renforcé sur le meublé touristique" : pour les locations saisonnières de courte durée, ce plafond chuterait à 1,5 %, dans la limite de 5 000 € par an et par foyer fiscal.
Enfin, une perte définitive des amortissements excédentaires : à compter des exercices clos en 2027, la fraction d'amortissement non utilisée ne serait plus reportable indéfiniment. Quant aux stocks déjà accumulés au 31 décembre 2026, ils ne disposeraient plus que d'une fenêtre de dix ans (2027-2036) pour être déduits, dans la limite de la moitié du résultat imposable.
Pour les associations de propriétaires, qui n'ont pas attendu pour monter au créneau, il s'agit là d'un vrai changement de règle du jeu en cours de partie ! Jusqu'ici, en effet, ces amortissements n'étaient pas plafonnés et permettaient à de nombreux propriétaires d'effacer une grande partie de l'imposition sur leurs revenus locatifs. Si ces nouvelles mesures étaient finalement adoptées (et il y a de fortes chances en cette période pré-électorale), cet effacement sine die ne serait donc plus possible.
Un risque de fragiliser l'offre locative ?
Dans les discussions parlementaires, il est désormais devenu courant d'entendre que "la location meublée assèche le marché locatif traditionnel ou, plus précisément, celui de la longue durée"; ce qui motiverait (plus que la dette française et la recherche d'économies dans tous les sens) de nouvelles décisions gouvernementales.
Mais, selon l'Observatoire français de la location meublée, "la réalité du terrain, mesurée pour 2026, montre une tout autre histoire" puisque, selon les conclusions de son dernier rapport "la location meublée ne détruit pas l'offre, mais la complète".