20/09/2026
On sait désirer ce qu’on n’a pas. Mais sait-on encore savourer ce qu’on a ?
Je me demande parfois si, à force de vouloir toujours mieux, on sait encore reconnaître ce qui est déjà bien.
La semaine dernière, en thème de rentrée, je vous parlais de la différence entre réussir dans la vie et réussir sa vie. Je terminais sur cette idée : savoir ce que la réussite représente vraiment pour chacun, et si elle ressemble encore à ce qu’on a envie de vivre aujourd’hui.
Ce post m’a valu un message privé. Avec l’accord de la personne, que je ne citerai évidemment pas, notre échange m’a donné envie de prolonger la réflexion sous un autre angle.
Je pense à cette terrasse au soleil vue mer, rêvée pendant des années, qu’on finit par traverser sans même la regarder. À cette maison qu’on voulait absolument, et qui devient presque normale une fois acquise.
À ce projet d’agrandir, de changer, de monter en gamme, qui arrive avant même d’avoir vraiment profité de la dernière étape.
Drôle d’époque, quand même. On sait très bien désirer ce qu’on n’a pas encore. On sait beaucoup moins savourer ce qu’on rêvait d’avoir hier.
« Le mieux est l’ennemi du bien. » Cette phrase peut agacer, parce qu’elle ne dit pas « ne changez rien ». Elle demande juste si on avance encore par envie, ou par automatisme. Si on poursuit quelque chose qui nous ressemble, ou si on continue simplement parce qu’on a toujours fonctionné comme ça.
Dans mon métier, je rencontre souvent des personnes qui se demandent si leur logement correspond encore à la vie qu’elles mènent aujourd’hui. Parfois, la réponse est oui, et c’est une très belle réponse. Parfois, elle est non, et c’est alors un vrai choix, pas une habitude.
Alors aujourd’hui, je me pose ces questions : est-ce que ce “mieux” qu’on cherche nous rapproche vraiment de ce qu’on veut vivre ? Est-ce qu’on sait encore voir ce qui est déjà là ?
Et surtout, est-ce qu’on choisit encore, ou est-ce qu’on avance simplement parce qu’on ne sait plus s’arrêter ?