10/06/2026
Donner un bien immobilier à un seul de ses enfants sans léser les autres
Un couple est venu nous voir au sujet d'un appartement que se partageraient, en principe, leurs trois enfants. Un seul y est attaché ; les deux autres n'en veulent pas. Les parents souhaitaient le transmettre de leur vivant à cet enfant, tout en garantissant aux deux autres une compensation équivalente. Ils pensaient régler la question par une reconnaissance de dette signée devant notaire.
Une reconnaissance de dette devant notaire est valable et opposable. Mais elle ne neutralise pas les règles du rapport des libéralités et de la réserve héréditaire (articles 843 et suivants du Code civil). Au décès, l'ensemble des donations doit respecter la réserve de chaque enfant, sous peine de réduction.
Pour sécuriser l'équité, la donation-partage (articles 1075 et suivants du Code civil) est préférable. Le bien est attribué à l'enfant intéressé, qui verse une soulte aux deux autres. Lorsque les conditions de l'article 1078 sont réunies, la valeur des lots est figée au jour de l'acte et le bien n'est pas rapportable. La revalorisation des soultes payables à terme est d'ordre public (article 1075-4), ce qui protège les enfants créanciers.
La donation-partage devant notaire offre donc une sécurité que la simple reconnaissance de dette ne donne pas.
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