01/05/2023
-- Notre circuit dans les Pouilles --
Pour la petite histoire, fondée au XVIème siècle, Alberobello est encore jeune par rapport aux autres villes italiennes.
Elle était à l’origine un comté dirigé par Andrea Matteo III Aquaviva d’Aragon et composé d’une quarantaine de familles paysannes. Les comtes de Conversano se succédèrent à la tête de la cité en vertu d’un droit héréditaire. Ils comptent parmi les seigneurs les plus riches et les plus puissants du royaume de Naples.
Les « trulli » visibles de nos jours sont apparus au cours de la seconde moitié du XIXème siècle. Elles sont le fruit d’un artifice inventé par le comte de Conversano de l’époque pour ne pas payer son dû à la cour royale de Naples.
En fait, le Code aragonais promulgué en 1466 soumit les possessions féodales à l’acquittement d’un tribut envers la royauté pour tout bâtiment en dur. Voulant échapper à la redevance, le comte obligea les fermiers à construire leurs maisons en cloisons sèches, sans l’utilisation de liants ni de mortier. Ces habitations caractéristiques en pierre séchée sont faciles à démolir lors de l’inspection par les fonctionnaires du roi.
La vie sociale du comté se déroulait au sein de ces « trulli », depuis les petites maisons de ferme jusqu’aux paroisses et bureaux administratifs. Au fil des années, le comté de Conversano se développa en une grande agglomération urbaine.
Alberobello était jusqu’à la fin du XVIIIème siècle sous la coupe de la noble famille Acquaviva d’Aragon de Conversano. Le 16 juin 1797 est une date gravée à jamais dans les chroniques : l’édit royal de Ferdinand IV de Bourbon est parvenu dans la ville, proclamant l’affranchissement des terres à régie féodale. Le décret fut accueilli avec une grande joie. À partir de cet instant, Alberobello devint une ville royale.
Valérie Chan