20/05/2026
Chèque de garantie : attention au faux sentiment de sécurité
Le chèque de garantie est encore parfois utilisé dans la pratique. Pourtant, il repose sur une ambiguïté importante : un chèque est normalement payable à vue, alors qu’une garantie est destinée à être utilisée seulement si une condition se réalise.
Dans un arrêt du 4 février 2026, la Cour de cassation rappelle une règle simple : un chèque doit comporter sa date de création. Si le bénéficiaire ajoute lui-même cette date après la remise du chèque, il doit pouvoir prouver qu’il avait l’accord non équivoque de l’émetteur.
À défaut, le document ne vaut pas chèque et le bénéficiaire ne peut pas s’en servir comme un véritable titre cambiaire.
Cette décision invite à la prudence. Remettre un chèque « en garantie », surtout non daté, peut créer plus de difficultés qu’il n’en résout. Celui qui pense être protégé peut découvrir, trop t**d, que la garantie est juridiquement fragile.
En pratique, lorsque l’on veut sécuriser une obligation, il est préférable d’utiliser un mécanisme conçu pour cela : dépôt de garantie, séquestre, cautionnement, garantie autonome ou autre sûreté adaptée à l’opération.
Avant de retenir une garantie, il faut vérifier non seulement son montant, mais aussi sa validité et ses conditions de mise en œuvre.
Source : Cour de cassation, chambre commerciale, 4 février 2026, n° 23-14.413.
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