06/07/2016
MATÉRIAUX BIOSOURCÉS : UNE SOLUTION ÉCOLOGIQUE POUR LA CONSTRUCTION ?
Les produits de construction ont un impact, plus ou moins lourd, sur l’environnement. Mais, depuis quelques années, un type de matériau durable commence à s’installer dans les filières du bâtiment : les matériaux biosourcés. Zoom sur des matériaux qui pourraient s’avérer très utiles pour la préservation de l’environnement.
Les matériaux biosourcés : de quoi s’agit-il ?
Les matériaux biosourcés sont des matériaux issus de la biomasse végétale, animale ou d’éco-matériaux comme la terre crue ou la pierre.
Parmi eux, on trouve principalement des matériaux isolants (bois, paille, chanvre, laine, plume, ouate de cellulose, miscanthus) mais aussi des produits chimiques (colles, peintures), des composants (panneaux en fibres végétales, renforts, matrices) et du béton (de chanvre, lin, bois).
Aujourd’hui, les matériaux biosourcés couvrent une large gamme de produits et trouvent de multiples applications dans le domaine du bâtiment et de la construction.
Par exemple, en tant que mortiers et bétons (béton de chanvre, de bois, de lin, etc.), panneaux (particules ou fibres végétales, paille compressée etc.) ou encore matériaux composites plastiques (matrices, renforts, charges).
Les matériaux biosourcés : attention aux idées reçues
On croit que les matériaux biosourcés sont des matériaux naturels et meilleurs, tant pour l’environnement que pour la santé.
Mais comme l’ensemble des produits de construction, ils subissent un processus de fabrication et de mise en oeuvre.
Les matériaux biosourcés sont donc transformés et contiennent des additifs en proportions variables, qui pour une bonne partie d’entre eux, ne sont pas biosourcés. Ces matériaux ne sont pas donc 100 % naturels.
Mais, certains d’entre eux présentent l’avantage d’être très peu transformés.
Matériaux biosourcés : quel impact réel sur l’environnement ?
Plusieurs aspects sont à prendre en compte pour mesure l’impact des matériaux biosourcés sur l’environnement.
Il faut notamment considérer les énergies et émissions produites sur l’ensemble de la durée de vie, qui détermine la durée de vie du matériau : consommation d’énergie, d’eau, les déchets produits lors de l’exploitation, les pollutions et gaz à effets de serre émis.
C’est le processus mis en oeuvre lors du cycle de vie, qui détermine le caractère écologique d’un produit. Ainsi, on parle en termes d’énergie grise, qui quantifie l’énergie nécessaire à la production, l’extraction, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en oeuvre, l’utilisation, l’entretien et le recyclage.
Exemple : si on opte pour la laine de mouton pour refaire l’isolation de sa maison, mais que l’animal en question à plus de 500 km, le coût du transport aura un impact dans la balance (au niveau de la pollution et énergétique).
Ainsi, pour comparer la performance « écologique » d’un produit à l’autre, il faudrait pouvoir confronter l’analyse de leurs cycles de vie et connaître leurs comportements à long terme.
Matériaux biosourcés : faut-il les privilégier ?
La construction commence doucement à sortir du domaine expérimental pour faire son apparition dans la vie de tous les jours. Cependant, on manque encore d’informations et de recul sur ses performances réelles.
Toutefois, ces matériaux ont des caractéristiques intéressantes et des marges de progrès prometteuses, d’autant que le secteur du bâtiment représente entre 5 et 10 % de toutes les émissions de CO2 à l’échelle planétaire.
Les matériaux présentent donc un enjeu à la fois pour le logement mais aussi pour lutter contre la pollution. Les matériaux biosourcés répondent à un besoin réel de « retour au naturel » et de « durabilité », à la fois sur le plan environnemental, de la santé mais aussi économique.
Condition sine qua non : qu’ils ne nécessitent pas de longs transports. Dans ce cas précis, le produit valorise les ressources locales et mène à une économie circulaire.
A noter que pour estimer l’impact des matériaux biosourcés, les fabricants fournissent des fiches de déclaration environnementales et sanitaires, qui exposent les résultats des analyses de cycle de vie.
Matériaux biosourcés : à quand sur le marché ?
Aujourd’hui, le produit a atteint la maturité technologique. L’association Construction & Bioressources qui aide au développement de la filière assure que les produits vont se démocratiser rapidement et à des prix concurrentiels.
En anticipant le cadre normatifs, ces matériaux offrent à la fois des avantages au niveau de la construction et de la rénovation.
Selon les estimations de l’association, le taux d’incorporation de ces matériaux pourrait dépasser les 10 %.
Pour l’instant, la filière étant encore récente, il est préférable de privilégier les produits certifiés ou porteurs d’évaluation technique reconnue, le temps d’avoir le recul nécessaire sur les matériaux biosourcés. Alors, qu’en pensez-vous ? Convaincus par les matériaux biosourcés ?
“La filière des matériaux biosourcés a été identifiée par le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, comme l’une des 18 filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour l’avenir.
Cela, notamment en raison de son rôle pour diminuer notre consommation de matières premières d’origine fossile, limiter les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles filières économiques.”
En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/materiaux-biosources-construction-ecologique-cg/2 .99