11/09/2026
À la rentrée 2026, les taux de crédit immobilier s'approchent des 3,5 % sur 20 ans et les prix repartent à la hausse. Attendre 2027 pour acheter, en espérant une baisse des taux, pourrait coûter plus cher que prévu : une hausse des prix de seulement 3 % effacerait presque tout le gain d'une baisse de taux de 0,50 point.
A vos calculettes pour suivre l'exemple dans l'article de CAPITAL du 10 SEPT 2026.
Par Xavier Haertelmeyer, Journaliste CAPITAL
Publié le 10 septembre 2026 à 09h27.
Quand l'attente peut devenir une mauvaise affaire
Alors, attendre ou pas ? Pour avoir une idée, analysons les indicateurs actuels. D'abord, les taux de crédit immobilier ont amorcé une légère remontée après une période de stabilité : ils s'établissent en moyenne à 3,54 % sur 20 ans début septembre, contre 3,23 % au deuxième trimestre. Quant aux prix de l'immobilier ancien, selon les Notaires de France, ils sont restés presque stables au premier trimestre 2026, avec une hausse de 0,2 % sur un an. Mais ils montrent des signes de reprises dans les grandes villes.
Dans une simulation actuelle, pour un bien de 250 000 euros avec un crédit sur 20 ans au taux moyen actuel de 3,54 %, les remboursements s'élèvent à 1 455 euros par mois, pour un coût global de 349 210 euros, capital et intérêts compris.
Plusieurs scénarios se présentent dans le cas d'une attente. Si les taux baissent de 0,25 point mais que les prix augmentent de 2 %, l'attente devient légèrement rentable avec un gain sur le coût global de 843 euros.
En revanche, si la hausse des prix atteint 3 %, l'opération devient perdante de 2 572 euros.
Pire, si les prix grimpent de 5 %, la perte monte à 9 403 euros. Au final, une baisse de taux réduite ne résistera pas à une hausse des prix modérée.
Le point de bascule se situe donc à une baisse de 0,33 point de taux pour compenser une hausse des prix de 3 %.
Si les prix grimpent de 5 %, il faudrait que les taux chutent d'au moins 0,55 point pour que l'attente soit justifiée. Mais une baisse n'est jamais certaine.
Attendre une baisse des taux, c'est aussi prendre le risque d'une remontée
Attendre 2027 ne garantit donc pas de meilleures conditions pour son emprunt : « Une remontée des taux réduirait la capacité d'emprunt, tandis que le contexte électoral pourrait alimenter un certain attentisme et ralentir les transactions », précise Brice Cardi. Le risque ne porte pas seulement sur les taux, mais aussi sur la fluidité du marché. « Si davantage de vendeurs reportent leur projet, le marché pourrait se retrouver davantage figé ».