18/07/2026
Ce matin, au détour d'un échange sur une de mes publications, je souhaite revenir sur les hommes, les femmes, nos peurs, nos compatibilités /incompatibilités.
Comme vous le savez, j'accueille des inconnus chez moi. Je partage ma maison, mon quotidien, parfois des moments de vie très intimes. Et je suis une femme, seule.
Alors je m'interroge : suis-je prête à accueillir un homme ?
Cette question me dérange. Parce que j'aimerais ne jamais avoir à me la poser. Vraiment ! Mais voilà, je me la pose, c'est une réalité...
Oui, il existe des hommes profondément respectueux, attentifs, bienveillants. J'en connais. Heureusement.
Mais cela n'efface pas une réalité sociale.
Partout dans le monde, ce sont très majoritairement les femmes qui sont violées, battues, harcelées, tuées par leur conjoint, mariées de force, excisées, exploitées ou réduites au silence. Ce ne sont pas des opinions. Ce sont des faits.
Ce sont aussi des hommes qui, en pleine nuit, m'envoient des photos de leur intimité... Qui me draguent et devant mon recadrage professionnel me lancent un "de toute façon t'es moche"... Ou encore un "t'es vieille donc t'es moche".
Jamais une femme ne s'est comportée ainsi depuis le début de l'aventure Alexandra Nomade.
Jamais jamais. Aucune !
(faudra qu'on évoque l'agisme et le gender agisme!!).
L'anthropologie nous apprend à distinguer les individus des systèmes. On peut être un homme profondément respectable et vivre dans une société où les rapports de pouvoir restent encore largement défavorables aux femmes.
Je réalise aussi que, comme beaucoup de femmes, j'ai appris très tôt à évaluer le risque. À être prudente. À anticiper. À me demander si une situation est vraiment sûre.
Bon je suis aussi une guerrière, et j'ai fait beaucoup d'arts martiaux, y compris du krav Maga (Merci papa)... Ça c'est un petit message subliminal... Méfiez vous de mes 40 kilos 🤭🤭
Cette prudence n'est pas de la peur. C'est un apprentissage social.
Alors oui, je continue à réfléchir au modèle d'Alexandra Nomade. Un lieu fondé sur la confiance, l'hospitalité et la rencontre. Mais aussi un lieu où je dois penser à ma propre sécurité, sans culpabilité.
Au fond, cette réflexion ne parle pas seulement de moi. Elle raconte la liberté incomplète des femmes.
Et nous pourrions rever et construire ensemble un monde où une femme n'aurait même plus besoin de se poser cette question.
Vous en pensez quoi ??
Je vous embrasse.
Bon samedi ❤️❤️
Alexandra