08/03/2024
Je Refuse le 8 Mars
Je me détourne de célébrer le huitième jour de mars comme l'apanage de la femme, car ce jour-là ne marque que le droit de la femme occidentale.
Éveillons-nous et rendons hommage à nos femmes, nos souveraines africaines, qui ont exercé leur pouvoir bien avant l'ère chrétienne, dès l'an 25 AC.
Je fais écho à l'histoire de Candace Amanirenas de Kush, souveraine du Soudan, qui a mené ses armées contre l'empire romain.
Je révère Amina, souveraine guerrière du royaume de Zazzau, et la reine Makeda d’Ethiopie, plus illustre sous le nom de la reine de Saba.
Je n'oublie point Aline Sitoe Diatta, emblème de la lutte sénégalaise contre le joug colonial français.
Je me souviens de Ndaté Yalla Mbodj, l'ultime grande reine de Waalo, dont le souvenir perdure pour son insurrection face à l'expansion coloniale française, en son effort acharné pour préserver la souveraineté de son royaume.
Je poursuis mon hommage en évoquant Cléopâtre, Idia, mère reine de l'empire du Bénin, Ranavalona Ière de Madagascar, Sarraounia Mangou du Niger, la reine Ann Nzinga d'Angola, et Seh-Dong-Hong-Beh du Bénin, valeureuse meneuse d'un régiment tout féminin (Dahomey Amazons) au dix-neuvième siècle, reconnue pour sa bravoure et son leadership inébranlable.
Reconnaissons notre histoire et cherchons nos racines, car le terme MOTHER AFRICA a été gravé dans les annales et non pas FATHER AFRICA.
Nous, Africains, élevons la tête fièrement vers nos mères, nos sœurs, nos filles qui ont toujours présidé à notre destin, et c'est avec cette fierté que je refuse de célébrer cette prétendue fête du droit des femmes, particulièrement sur un continent une fois de plus forgé par la main des femmes.
Siba Cissé
Fils d’une mère Africaine