24/07/2025
: Tribune : L’avenir et la promotion du secteur solaire au Tchad
Par Oumar Hamid Oumar, Directeur Général de Focon-Net Énergie et porte-voix des entreprises engagées pour la qualité
Le Tchad peut devenir un leader dans le secteur de l’énergie solaire grâce à son potentiel d’ensoleillement, mais la méfiance freine encore l’essor du solaire. En tant que porte-voix des entreprises engagées pour la qualité, j’appelle à une révolution énergétique portée par l’éducation et le soutien de l’État.
Avec un ensoleillement de 2 500 kWh par mètre carré par an, le Tchad est un véritable eldorado pour l’énergie solaire. Un seul mètre carré de panneau peut alimenter un réfrigérateur domestique pendant 5 à 7 ans ou faire fonctionner un climatiseur portable plusieurs heures par jour, année après année. Ce potentiel offert par le soleil est une chance unique pour transformer la vie des Tchadiens et réduire leur dépendance aux énergies coûteuses. Le groupe d’entreprises engagées pour la qualité, composé d’acteurs éthiques que je représente, exploite cette ressource en proposant des équipements solaires de haute qualité, certifiés, garantis et installés après des études rigoureuses.
En tant que porte-voix des entreprises solaires tchadiennes opérant dans le respect des normes internationales, je défends une vision où le solaire n’est pas une alternative marginale, mais un pilier de notre développement. Trop souvent, des équipements de mauvaise qualité et des installations mal réalisées ternissent l’image du secteur. Nous, acteurs sérieux, investissons dans des équipements certifiés et des formations rigoureuses pour offrir des solutions adaptées aux réalités tchadiennes. Mais pour que le solaire atteigne son plein potentiel, nous avons besoin d’un soutien accru du gouvernement et d’une prise de conscience collective.
Éduquer pour mieux consommer
Nous tenons à préciser que le solaire ne doit pas être considéré comme une concurrence à la nouvelle TchadElec, mais plutôt comme un complément à son action. Dans un contexte mondial où les coûts du gaz et du pétrole sont très fluctuants, les énergies fossiles ne sont plus un refuge et pourraient très vite atteindre, voire dépasser, le pic atteint au premier trimestre 2022 avec un baril à 130 dollars. Le solaire, en revanche, permet aux ménages et aux entreprises tchadiennes de réduire leur facture tout en libérant de la capacité pour ceux qui dépendent encore de la SNE. Ce modèle d’avenir est à notre portée, mais il exige des mesures concrètes.
Nous appelons donc le gouvernement à soutenir les entreprises solaires par des campagnes de communication et d’éducation. Chaque année, avant les grandes chaleurs (février, mars et avril), des initiatives publiques pourraient expliquer ce qu’est l’énergie solaire, comment l’acquérir et comment l’utiliser efficacement. Ces campagnes, que nous avons testées à petite échelle avec nos clients, sont efficaces et peuvent être déployées à l’échelle nationale, car la familiarisation des Tchadiens aux solutions solaires est la première étape pour mieux consommer.
L’un des obstacles majeurs au développement du solaire au Tchad est la méconnaissance de son fonctionnement. Notre culture de surconsommation énergétique complique la transition vers le solaire. Contrairement à un groupe électrogène, un système solaire exige une consommation maîtrisée et un dimensionnement précis. Lors de nos études, nous constatons que beaucoup de clients sous-estiment leur consommation. Dans ce cas, des installateurs non qualifiés promettent monts et merveilles avec des kits sous-dimensionnés qui tombent rapidement en panne. Cela engendre frustration et déception, après des années d’économies investies. La perte de confiance s’installe alors, accentuant la défiance vis-à-vis du solaire.
La sécurité avant tout
Ces problèmes ne sont pourtant pas imputables à la technologie, mais à un manque d’éthique de certains acteurs du secteur qui négligent les précautions nécessaires. Les entreprises sérieuses, en revanche, prennent le temps d’expliquer à chaque client comment optimiser son système, de l’étude initiale à l’installation. Nous plaidons pour que l’énergie solaire soit enseignée dans les lycées techniques et les écoles, afin de former une génération consciente des enjeux énergétiques futurs. Le gouvernement pourrait initier un programme national de certification pour les installateurs solaires ou créer une filière spécifique dans les lycées techniques avec des formations subventionnées.
Pour nous, la sécurité des biens et des personnes est non négociable. Certains associent à tort le solaire à des risques d’incendie, mais ces incidents sont toujours liés à des installations défectueuses. Un prestataire sérieux, rigoureux et compétent inclut toujours des systèmes de protection en amont et en aval, comme des câbles avec dispositifs anti-incendie. Une installation professionnelle ne prendra jamais feu, sauf en cas d’acte criminel. Là encore, l’éducation est clé : un devis clair doit détailler ces mesures de sécurité, et les clients doivent exiger des installateurs certifiés.
Le solaire est plus qu’une technologie
Notre objectif à terme est que chaque foyer tchadien puisse profiter d’un réfrigérateur pour garder ses aliments au frais, éclairer sa maison, charger ses téléphones ou faire fonctionner une pompe à eau. Nous souhaitons aussi que chaque école puisse offrir des cours du soir et que chaque hôpital puisse sauver des vies grâce à une énergie fiable.
Le potentiel solaire du Tchad est immense, mais il exige des acteurs sérieux pour être pleinement exploité. Nous invitons le gouvernement à nous rejoindre dans cette ambition, en soutenant l’éducation et la communication autour du solaire. Aux Tchadiens, nous disons : méfiez-vous des offres trop alléchantes et choisissez des partenaires de confiance. Le moment est venu de faire du solaire le moteur d’un Tchad prospère et durable.
Oumar Hamid Oumar
Directeur Général Focon-Net Énergie
Porte-voix des entreprises engagées pour la qualité des installations solaires