19/06/2026
Après analyse du document et au regard des plaintes des agents recenseurs, plusieurs points graves méritent d’être dénoncés :
☆Un contrat qui ne protège que l’ INSEED TCHAD , pas les agents.
Le contrat affiché est très détaillé sur les _obligations du prestataire_, c’est-à-dire l’agent recenseur : confidentialité, restitution du matériel, sanctions en cas de faute, etc. Article 10, 11, 12, 13... Tout est prévu pour engager la responsabilité du jeune.
Mais où sont les garanties pour l’agent ? L’article 7 sur la rémunération parle bien d’une _« première tranche de 80 000 FCFA »_ versée après signature et remise du matériel. Or, selon les témoignages, cette somme liée à la formation reste impayée pour beaucoup. Et les 40 % de l’enquête ne sont pas versés avant le départ sur le terrain. Faire signer un contrat dont la première clause financière n’est pas respectée par l’ INSEED TCHAD lui-même, c’est une rupture de confiance dès le départ.
☆Pousser à signer sans payer : une pression inacceptable.
Exiger la signature du contrat alors que les frais de formation promis ne sont pas réglés, c’est mettre les jeunes devant un choix impossible : refuser et perdre l’opportunité, ou accepter en espérant être payé plus t**d. C’est une forme de pression morale. Un contrat est un engagement réciproque. Si l’INSEED remplit pas sa part dès l’article 7, comment peut-il exiger que l’agent remplisse les siennes aux articles 8, 9 et 10 ?
☆Risque majeur pour le RGPH-3.
Un agent démoralisé, précarisé et qui se sent trompé ne peut pas faire un travail de qualité. Le recensement général de la population est une opération statistique capitale pour le Tchad. Sa crédibilité repose sur la rigueur des agents de terrain. Envoyer des jeunes sur le terrain avec des promesses non tenues, c’est prendre le risque d’avoir des données bâclées, incomplètes ou falsifiées par dépit. Le coût d’un mauvais recensement pour le pays sera bien plus élevé que ces 80 000 FCFA.
☆Que dit le droit ?
L’article 6 précise que la durée est de 30 jours maximum. L’article 7 fixe la rémunération. Ne pas payer la première tranche après signature constitue un manquement contractuel de la part de l’ INSEED TCHAD . Les agents seraient en droit de suspendre leur prestation jusqu’au paiement, comme le prévoit l’article 12.2 : _« En cas de manquement grave aux obligations contractuelles par l’une des parties, l’autre partie peut résilier le contrat »_.
Conclusion : L’ INSEED TCHAD doit respecter ses engagements.
On ne construit pas un recensement fiable sur le dos d’une jeunesse exploitée. Avant d’envoyer quiconque sur le terrain, l’INSEED et ses partenaires, dont la Banque mondiale , doivent solder les frais de formation et garantir le paiement des 40 % avant le début de l’enquête.
La Mahamat Idriss Deby Itno , le Ministère des Finances et les bailleurs doivent exiger un audit urgent de la gestion de ces fonds. La tchadienne mérite mieux que des contrats signés dans la précipitation et des promesses non tenues.
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