27/03/2024
Dans l’ombre des palais, j’ai rêvé d’un destin, D’être élu Président, portant l’espoir en main. Le Togo, ma patrie, berceau de mes songes, Où les vents murmuraient des lendemains plus longs.
Mais voilà que l’assemblée, telle une marée, A modifié la loi, sans pitié, sans arrêt. La constitution, parchemin sacré, s’est pliée, Pour faire naître un nouveau régime, inachevé.
Adieu, rêve étoilé, élu par le peuple, La voix des urnes, désormais en sommeil. Le parlement, tel un oracle, a parlé, Et le pouvoir présidentiel s’est évanoui.
Le Premier ministre, nouvellement nommé, Président du conseil, dans l’ombre du parlement, Gouverne les destins, manie les lois, Pendant que le Président, symbole impuissant.
Le septennat s’étire, le mandat se prolonge, Mais l’élection directe, elle, s’éloigne. Le Togo, en Vème République, se dessine, Et mon rêve, hélas, dans les flots s’abîme.
Les ministres, tels des funambules fragiles, Dansent au gré des motions de défiance. Le président, gardien de l’unité, des stèles, Signe les décrets, mais sans réelle puissance.
Le parlement, bicaméral, conserve sa voix, Sénat et Assemblée, dans leur danse à trois. Et moi, simple rêveur, naufragé des étoiles, Je contemple la mer, où mon espoir s’étiole.
Togo, ô doux pays, tes rivages m’attirent, Mais le rêve d’être élu, désormais, expire. Dans l’écume des lois, je laisse mes chimères, Et mon cœur, en silence, pleure sur la mer.